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Espionnage : l’Allemagne ne s’attaque pas aux onduleurs solaires chinois.

Les onduleurs chinois sont considérés comme un potentiel point faible des réseaux électriques, suscitant des inquiétudes auprès des autorités européennes. En Allemagne, le gouvernement envisage des mesures pour limiter l’utilisation de ces onduleurs dans les infrastructures énergétiques et étudie le recours à l’article 41 de la loi relative à la sécurité des technologies de l’information.


Considérés comme un potentiel point faible des réseaux électriques, les onduleurs chinois suscitent de plus en plus d’inquiétudes auprès des autorités européennes. En Allemagne, le gouvernement envisage d’adopter de nouvelles mesures pour restreindre leur utilisation dans les infrastructures énergétiques.

Les onduleurs chinois continuent d’être surveillés de près par les Européens. La Chine a qualifié de « injuste » le fait que la Commission Européenne la classe comme un pays à « haut risque » sans justification valable. Cependant, l’Europe semble déterminée à maintenir sa position : ces équipements sont perçus comme sensibles pour les infrastructures énergétiques. En Allemagne, les mesures pourraient même être renforcées pour se protéger de ces technologies.

Selon PV Magazine, des députés du parti écologiste allemand ont récemment interrogé le gouvernement sur les dangers que représentent ces technologies pour la sécurité des infrastructures nationales. En réponse à cette question parlementaire, l’exécutif a officiellement indiqué qu’il était en train d’évaluer plusieurs mesures visant à restreindre l’utilisation des onduleurs chinois.

La principale préoccupation concerne le risque de cyberattaque. Les onduleurs sont des dispositifs connectés qui collectent et transmettent de nombreuses données sur le fonctionnement des centrales. Si un acteur malveillant parvenait à accéder à plusieurs de ces appareils, il pourrait potentiellement perturber des milliers d’installations simultanément, déstabilisant ainsi le réseau électrique.

Berlin est également préoccupé par un cadre juridique chinois particulier. Ce dernier impose aux entreprises, organisations et citoyens de coopérer avec les services de renseignement de l’État lorsque cela est exigé. Avec un accès à leurs équipements installés en Europe, les fabricants pourraient être contraints de fournir certaines informations ou de faciliter l’accès à leurs systèmes.

C’est pourquoi les autorités allemandes estiment qu’il est crucial d’évaluer non seulement les spécificités techniques des équipements, mais également le cadre légal du pays d’origine du fabricant, ainsi que les risques géopolitiques qui y sont associés. En cas de tensions diplomatiques accrues entre l’Europe et certains États, le risque d’attaques ou de pressions sur ces infrastructures critiques pourrait croître.

Face à ces enjeux, l’Allemagne envisage plusieurs mesures, notamment la restriction ou l’interdiction de certains onduleurs chinois dans les infrastructures critiques. Le gouvernement envisage particulièrement le recours à l’article 41 de la loi relative à la sécurité des technologies de l’information, qui permettrait au ministère de l’Intérieur de restreindre ou d’interdire l’utilisation de composants jugés sensibles.

Par ailleurs, le pays soutient la récente décision de la Banque européenne d’investissement de cesser le financement de projets impliquant des équipements provenant de pays considérés comme risqués, tels que la Corée du Nord, l’Iran, la Russie, ainsi que la Chine.

C’est également une option que l’Allemagne envisage dans le cadre de la révision de ses politiques de cybersécurité. La création d’une liste de fournisseurs à haut risque est en effet une proposition de la Commission Européenne. L’objectif serait d’identifier certaines entreprises susceptibles de représenter un danger pour la sécurité des infrastructures critiques, afin de restreindre, voire d’exclure, leurs équipements du marché européen.

Une telle liste permettrait d’harmoniser les décisions au niveau européen et de renforcer la protection des réseaux énergétiques face aux menaces numériques croissantes.