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Des lunettes avec écran : pourquoi elles ne remplacent pas encore mon smartphone

Lors de l’IFA 2026 à Berlin, j’ai eu l’occasion de tester les Xreal Aura, des lunettes connectées qui, à première vue, semblent offrir une expérience proche de celle d’un smartphone Android. Cependant, plusieurs défis subsistent avant qu’elles ne puissent réellement remplacer nos appareils mobiles.

Les Xreal Aura fonctionnent sous Android XR, une version d’Android développée par Google pour la réalité augmentée, intégrant l’assistant Gemini. Ces lunettes projettent un écran virtuel devant les yeux, permettant d’accéder au Play Store, de naviguer sur Internet, de visionner des vidéos sur YouTube ou de jouer à des jeux, le tout contrôlé par des gestes de la main ou via un trackpad intégré dans le boîtier qui abrite également la batterie.

Au début, l’idée d’un avenir où ces lunettes pourraient remplacer les smartphones semblait séduisante. Cependant, en y réfléchissant davantage, il devient évident que plusieurs obstacles doivent être surmontés avant que cette vision ne devienne réalité.

Le premier obstacle majeur est l’absence de connectivité mobile. Les Xreal Aura ne possèdent ni carte SIM ni eSIM, et s’appuient sur une connexion Wi-Fi ou un smartphone compagnon. Tant que ces lunettes ne pourront pas recevoir d’appels, de messages ou de notifications de manière autonome, elles resteront un simple accessoire et ne pourront pas prétendre au statut central que détient le smartphone dans notre quotidien.

Un autre défi concerne l’autonomie. Les lunettes sont reliées par un câble à un boîtier léger, qui contient une puce Snapdragon Reality Elite, du stockage et une batterie de 4 455 mAh. Bien que cette conception évite d’alourdir les lunettes, l’autonomie est limitée à environ 4 à 5 heures en utilisation active. Comparativement, un smartphone peut généralement tenir une journée sans recharge.

La saisie de texte sur Android XR présente également des limites. Deux méthodes sont disponibles : un clavier virtuel et la dictée vocale. Cependant, aucune de ces options n’égale la rapidité et la discrétion d’un clavier traditionnel de smartphone. Dans des lieux publics, dicter un message ou taper des mots en l’air peut sembler peu pratique et intrusif.

Le design des Xreal Aura soulève également des questions. Avec leurs verres épaissis et le câble reliant le boîtier, elles attirent l’attention. De plus, le confort de port peut varier, notamment pour ceux qui portent déjà des lunettes de vue.

Un autre aspect préoccupant est la question de la vie privée. Les lunettes dotées d’une caméra peuvent enregistrer discrètement, soulevant des inquiétudes éthiques et juridiques. En outre, la qualité d’image et la polyvalence photographique des lunettes ne rivalisent pas encore avec celles des smartphones, qui disposent souvent de plusieurs objectifs et de capacités avancées.

Enfin, les smartphones intègrent des fonctionnalités telles que le NFC pour les paiements sans contact ou la validation de titres de transport, des caractéristiques qui doivent être prises en compte pour envisager une véritable substitution par des lunettes connectées.

Bien que ces défis ne soient pas insurmontables individuellement, leur cumul souligne l’écart qui existe encore entre les lunettes connectées et le smartphone, qui reste un outil central et discret dans nos vies. Malgré cela, une part de moi se demande non plus si les lunettes remplaceront les smartphones, mais quand cela pourrait se produire.

Les Xreal Aura devraient être mises en vente dans les mois à venir, avec un prix prévu ne dépassant pas 1500 dollars aux États-Unis, un investissement qui ne sera pas négligeable.