
De la Renault 5 de 1972 à 2026 : la sécurité augmente nos voitures de 20 cm
Chaque année, les dimensions de nos voitures augmentent légèrement. Si l’on blâme souvent le marketing des fabricants, c’est surtout la sécurité qui entraîne cette inflation des gabarits.
Dans un reportage diffusé par le 20 Heures de France 2, une journaliste tente de stationner une citadine, la Citroën C3, mais ne reçoit que des alertes de son radar de recul. Même l’un des modèles les plus compacts du marché peine à trouver sa place. Cela n’a rien de surprenant : en l’an 2000, la longueur moyenne d’une voiture était de 4,09 mètres, contre 4,38 mètres aujourd’hui. Une augmentation de 29 centimètres, sans que cela ne paraisse.
Le reportage met en lumière deux générations de la même voiture, la C3, garées côte à côte. L’ancienne version, datant du début des années 2010, mesure 3,86 mètres, tandis que la nouvelle atteint 4,01 mètres, avec une largeur supérieure de 10 centimètres. La conclusion est sans appel : « gonfler les gabarits, pour mieux gonfler les prix ».
Avec davantage d’équipements, une image de marque à valoriser et des marges bénéficiaires plus confortables, le prix d’une voiture neuve s’établit désormais autour de 35 000 euros, soit 10 000 euros de plus qu’il y a dix ans. C’est ce que les constructeurs tentent parfois de faire passer sous silence, et l’industrie automobile n’hésite pas à jouer avec les chiffres. Actuellement, ces marges se resserrent : même des géants comme BMW en sont conscients, et le prix des voitures neuves pourrait enfin connaître une baisse.
En ce qui concerne la sécurité, examinons le cas de la Renault 5. Le modèle de 1972 était équipé de portières en tôle simple : lors d’un choc latéral, la voiture adverse pouvait presque pénétrer dans l’habitacle. À une vitesse de 64 km/h en frontal, la structure se déformait, réduisant l’espace intérieur de 30 à 50 %. Selon les normes actuelles, elle obtiendrait 0 étoile, avec un risque souvent fatal dès 50 km/h.
La R5 E-Tech de 2026, quant à elle, bénéficie de sa largeur pour intégrer des barres de renfort en acier hyper-trempé, de la mousse d’absorption et l’espace nécessaire pour des airbags rideaux et latéraux.
Une comparaison partagée sur X illustre bien la situation : lors d’un choc à 64 km/h, l’intrusion dans l’habitacle de la R5 moderne est presque inexistante. L’Euro NCAP lui a attribué 4 étoiles en 2024, avec 80 % pour la protection des adultes et 80 % pour celle des enfants, sur un protocole devenu nettement plus exigeant qu’auparavant. Revenir à la sécurité passive des voitures des années 90 signifierait accepter une augmentation des décès et des blessures sur les routes.
Cependant, miser uniquement sur des voitures toujours plus grandes n’est pas une solution. Selon une étude de Transport & Environment et Clean Cities, la longueur moyenne des véhicules augmente de 1,2 cm par an depuis 2000 ; si cette tendance se poursuit, une voiture neuve dépassera 4,56 mètres en 2040.
Ces dimensions plus élevées et plus lourdes représentent un danger accru pour les piétons et les cyclistes : l’ONG estime qu’il y aurait 400 décès supplémentaires par an d’ici 2040 en l’absence de régulations.
Ainsi, la sécurité des occupants s’améliore, mais cela se fait au détriment des usagers les plus vulnérables et de l’espace urbain. La réponse doit être politique : il est préférable de promouvoir des véhicules électriques réellement abordables et de véritables petites voitures, comme les futures voitures électriques européennes.
