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Bornes de recharge : Lidl, Leclerc, Electra et Izy by EDF changent à l’Élysée

Emmanuel Macron a reçu des membres de l’écosystème de l’électrification ce mardi matin dans le cadre du plan gouvernemental d’électrification des usages, qui propose 22 mesures pour augmenter la part d’électricité dans le mix énergétique. Selon le dernier baromètre de l’Avere-France, la France comptait 192 008 points de recharge ouverts au public fin mars 2026, tandis que l’objectif d’un million de bornes publiques d’ici 2030 semble hors de portée selon les projections de l’Avere-France, qui évalue plutôt le nombre à 681 000 unités.

Lors d’une réunion à l’Élysée, distributeurs, énergéticiens et opérateurs de bornes ont présenté leurs annonces. Derrière la communication, quelques engagements concrets pour la recharge, et de nombreux chiffres visés pour 2030.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Recharger sa voiture électrique reste un défi mental. C’est dans ce cadre que Macron a accueilli ce mardi matin l’écosystème de l’électrification, incluant des grands distributeurs et des opérateurs de bornes, avec une question en tête : comment augmenter la consommation d’électricité décarbonée et diminuer notre dépendance au pétrole.

Ce moment n’est pas anodin. Un mois après le lancement du plan d’électrification des usages par le gouvernement, et quelques semaines après l’annonce d’une aide pouvant atteindre 5 500 euros pour les taxis qui passent à l’électrique dès le 1er octobre, l’exécutif souhaite montrer que les initiatives se multiplient. Selon le dernier baromètre de l’Avere-France, la France comptait 192 008 points de recharge accessibles au public fin mars 2026, contre environ 82 000 fin 2022. Bien que la progression soit présente, l’objectif d’un million de bornes publiques d’ici 2030 semble inatteignable si l’on se base sur les prévisions de l’Avere-France, qui estime plutôt à 681 000 unités le nombre de bornes attendues.

La rencontre ne concerne pas uniquement les bornes. Elle s’inscrit dans le cadre du plan d’électrification des usages présenté par le gouvernement un mois plus tôt, qui comporte 22 mesures pour accroître la part de l’électricité dans le mix énergétique : 80 millions d’euros pour les pompes à chaleur pour les particuliers, 80 millions pour les poids lourds électriques et les bornes, 80 millions pour préparer des terrains industriels destinés à accueillir de gros consommateurs d’électricité. La photo de groupe prise à l’Élysée se rapporte également à ce paquet financier.

Évolutions du côté des bornes

Première annonce concrète : Izy by EDF propose 75 euros pour l’installation d’une borne en copropriété. Étant donné qu’un devis oscille fréquemment entre 1 000 et 2 500 euros par emplacement, cela reste surtout un geste symbolique plutôt qu’une aide déterminante.

Plus significatif : Lidl, qui dispose déjà de plus de 5 400 points de recharge sur les parkings de près de 970 magasins, investit 13 millions d’euros pour renforcer le réseau et 26 millions pour électrifier sa flotte de 3 700 véhicules.

E.Leclerc ambitionne davantage, avec un objectif de 10 000 points de recharge d’ici 2030 et 30 000 d’ici 2035, dans le cadre d’un budget global de 2,3 milliards d’euros « pour tout électrifier », sans fournir de détails supplémentaires.

Electra, un acteur spécialisé dans les bornes rapides, prévoit d’investir 300 millions d’euros pour installer 1 000 points supplémentaires par an d’ici 2030.

Côté poids lourds, EDF en a profité pour lancer Izivia Trucks, le premier réseau dédié à la recharge itinérante des camions, avec un objectif initial d’environ 200 bornes d’une puissance supérieure à 400 kVA. Cela constitue un signal pour les transporteurs, qui représentent un des points névralgiques de l’électrification du transport routier.

Malgré ces nombreuses annonces, il est essentiel de faire la distinction entre la recharge en courant alternatif lent, utile pour des pleins d’une heure pendant les courses, et la recharge rapide en courant continu, indispensable pour les longs trajets.

Les bornes rapides (50 kW et plus) ne représentent environ que 20 % du parc français, dont 17 % au-dessus de 150 kW selon le baromètre Avere-France de février 2025. C’est là que se joue le véritable enjeu, et c’est précisément le domaine d’Electra.

Mais dans quel but ?

Pour les utilisateurs de véhicules électriques vivant en copropriété, la prime Izy peut faciliter le lancement d’un projet collectif, à condition que le syndic approuve. Pour les automobilistes qui rechargent sur les parkings des supermarchés, l’augmentation du nombre de bornes chez Lidl ou E.Leclerc est une bonne nouvelle, notamment en zone périurbaine où l’offre de recharge rapide reste très inégale. Les taxis, quant à eux, bénéficieront de l’aide de 5 500 euros effective dès le 1er octobre, dont nous avons discuté en détail ici.

Ce qui fait défaut dans la photo de groupe de ce mardi ? La question du prix au kilowattheure sur autoroute, qui oscille encore autour de 0,59 à 0,79 €/kWh pour la charge rapide.

Aucune annonce sur la réduction des tarifs, aucun engagement concernant l’interopérabilité, et la multiplicité des applications et des cartes constituent un obstacle pour les nouveaux utilisateurs. En termes de fiabilité, l’Avere-France observe en 2025 un taux de disponibilité technique stable autour de 92-93 %, et un taux d’accès immédiat de 95 %. Aucun des opérateurs présents n’a pris d’engagement quant à la maintenance.

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