
BMW en difficulté : 1 % de marge et 7 700 postes supprimés.
BMW prévoit une forte baisse de ses profits pour l’année 2026, avec des estimations de seulement 1 à 3 %, contre une fourchette précédente de 4 à 6 %. De plus, la marque prévoit de réduire ses effectifs mondiaux d’environ 5 % d’ici la fin de l’année, soit près de 7 700 postes.

Le marché automobile mondial connaît une transformation significative, en grande partie en raison de normes de plus en plus strictes concernant les émissions polluantes, mais aussi à cause de la concurrence grandissante des marques chinoises.
Ces dernières pénètrent le marché en nombre, avec actuellement 129 entreprises en activité, dont nombreuses souhaitent désormais s’implanter à l’international. Cette situation inquiète les marques « traditionnelles », particulièrement européennes.

Dans ce contexte, BMW a récemment révélé ses prévisions pour 2026. Selon Automotive News Europe, la marque munichoise anticipe une forte chute, avec des profits de seulement 1 à 3 %. La fourchette précédente était de 4 à 6 %. En comparaison, les prévisions de marge étaient de 5 % pour 2025 et avaient même atteint près de 10 % en 2023. Nous nous en éloignons donc considérablement.
Pour illustrer la situation, l’action BMW a chuté de plus de 7 % à Francfort suite à cette annonce, atteignant son plus bas niveau depuis la fin de 2020. Volkswagen et Mercedes ont également emboîté le pas.

La situation est en grande partie causée par la Chine, où le constructeur allemand ressent un ralentissement des ventes. En effet, la Chine reste l’un des plus grands marchés pour les marques allemandes.
Mercedes, Volkswagen et Porsche, entre autres, sont confrontés aux mêmes difficultés. Les immatriculations diminuent et la concurrence des marques chinoises s’intensifie. Les clients chinois se tournent désormais davantage vers les constructeurs locaux au détriment des marques européennes.
Des baisses significatives
De plus, il convient de noter que les voitures électriques chinoises sont significativement moins chères que leurs homologues européennes. Produire un véhicule en Chine coûte environ 40 % de moins, ce qui impacte les bénéfices des fabricants chinois.
En effet, BMW continue de produire la majorité de ses voitures en Allemagne, avant de les exporter vers l’Asie, ce qui représente un coût et affecte donc sa rentabilité. Cette stratégie pourrait néanmoins devoir évoluer, car l’entreprise pourrait être contrainte de revoir son modèle.
Philippe Houchois, analyste chez Jefferies, estime que « BMW pourrait repenser son modèle économique d’assemblage mondial, encore largement axé sur l’exportation de voitures à moteur thermique fabriquées en Allemagne. » Cela se produit alors que les marques allemandes sont confrontées à une concurrence par les prix qualifiée de « darwinienne ».
Par ailleurs, la guerre entre l’Iran et Israël a également affecté la rentabilité de la marque, en raison de la hausse des coûts de l’énergie et de la baisse des ventes de véhicules neufs.

En conséquence, BMW anticipe une baisse particulièrement marquée de son bénéfice et de son flux de trésorerie disponible au deuxième trimestre, et les immatriculations devraient également diminuer.
Parallèlement, la marque a annoncé qu’elle élargissait son programme de réduction des coûts pour 2026. Bien qu’elle ait déjà réduit ses investissements en R&D, d’autres constructeurs adoptent également la même approche, se tournant vers la Chine pour concevoir des voitures moins chères, ce qui nuit aux équipementiers européens, qui subissent de lourdes conséquences dans cette guerre des prix.
Autre indication de la tension : BMW prévoit de réduire son effectif mondial d’environ 5 % d’ici la fin de l’année, soit près de 7 700 postes, et s’apprête à engager des discussions avec les représentants du personnel, révélant l’ampleur du plan d’économies évoqué par le groupe.
