
Apple Watch : Apple ne remporte pas la bataille de la santé connectée
La présentation d’iOS 27 lors de la WWDC a été perçue comme une occasion manquée pour Apple face à ses concurrents dans le suivi de la santé. Pour la mise à jour du système d’exploitation des iPhone, Apple a introduit une seule nouveauté liée à la santé : le suivi de la périménopause et des cycles irréguliers.
La présentation d’iOS 27 lors de la WWDC a été perçue comme une occasion manquée pour Apple face à ses concurrents dans le domaine du suivi de la santé, tels que Google, Samsung, Oura, Whoop ou Bevel.
Cette semaine, Apple a tenu sa grande conférence annuelle dédiée aux développeurs, la WWDC, afin de faire le point sur ses principales innovations logicielles pour ses iPhone et ses Apple Watch. Cette année, les annonces se sont surtout concentrées sur l’intelligence artificielle, avec la présentation d’une nouvelle version d’Apple Intelligence et l’intégration d’un assistant vocal, Siri AI, qui, cependant, ne sera pas disponible en Europe.
Tout au long de la présentation d’Apple, l’intelligence artificielle a été mise en avant, notamment pour l’analyse de vidéos dans l’application Maison, le recadrage des photos ou l’organisation des onglets dans Safari. Cependant, une application, qui aurait eu grand besoin de l’IA, a été négligée : Apple Santé.
Depuis quelques années, les marques technologiques liées au sport et à la santé ont compris que, bien que les utilisateurs mesurent leur fréquence cardiaque, leur temps de sommeil ou leur nombre de pas, ils ne savent souvent pas comment interpréter ces données. Ces mesures n’ont de valeur que pour les utilisateurs avertis. Par exemple, connaître sa fréquence cardiaque au repos de 56 bpm n’apporte pas beaucoup d’aide, à moins de pouvoir la comparer à d’autres nuits ou d’aspirer à la réduire.
Les fabricants ont donc introduit différents scores, comme un score d’énergie chez Samsung, un score de Body Battery chez Garmin ou un score d’aptitude quotidienne chez Google. Même Apple a suivi cette tendance en allant au-delà de ses trois anneaux avec l’application Signes Vitaux, la charge d’entraînement ou un score de sommeil.
À l’ère de l’IA, plusieurs entreprises ont souhaité franchir un cap supplémentaire. Étant donné que leurs applications regorgent de données, pourquoi ne pas donner des conseils aux utilisateurs pour améliorer leur santé, optimiser leur récupération ou leurs entraînements ? Ainsi, depuis quelques années, des conseils basés sur l’IA ont été intégrés dans de nombreuses applications, comme Samsung Health pour les Galaxy Watch ou Garmin Connect pour les montres Garmin. Cette tendance provient de nouvelles entreprises dans le domaine de la santé connectée, telles que Whoop et Oura, qui intègrent les scores et l’IA au cœur de leur interface. Les bagues Oura et les bracelets Whoop, dépourvus d’écran, affichent leurs données sur l’application mobile, accompagnées d’encouragements et d’analyses des performances.
Le dernier à avoir embrassé cette tendance est Google, avec son application Google Health, qui a intégré un nouveau « Coach Google Health » alimenté par Gemini. Ce coach ne se limite pas à analyser les séances d’entraînement ou le sommeil, il est également accessible à tout moment dans l’application pour répondre aux questions concernant les données ou habitudes de l’utilisateur.
C’est précisément ce type de fonctionnalité que l’on espérait voir sur Apple Santé avec iOS 27. Cependant, la mise à jour du système d’exploitation a apporté une seule nouveauté liée à la santé : le suivi de la périménopause et des cycles irréguliers. Bien que ces fonctionnalités soient utiles pour certaines personnes, elles manquent d’envergure pour une mise à jour d’iOS centrée sur l’intelligence artificielle.
De plus, des rumeurs entouraient une refonte d’Apple Santé avec l’arrivée d’un nouveau service sous abonnement, Apple Health+. Selon Mark Gurman, cela aurait constitué un « nouveau coach de santé basé sur l’IA avec des programmes de nutrition et des suggestions médicales ». Toutefois, ce projet aurait été perturbé au début de l’année avec la nomination d’Eddy Cue à la tête de la division santé d’Apple. Ce dernier aurait indiqué qu’Apple devait progresser plus rapidement et se montrer plus compétitif dans le secteur de la santé, face à de nouveaux concurrents comme Oura Health et Whoop Inc., qui proposent des fonctionnalités plus attrayantes.
Ce constat explique pourquoi Apple n’a pas encore intégré l’IA dans son application Santé. Une autre hypothèse pourrait être une volonté de prudence de la part d’Apple. Connue pour ne pas être la première à adopter de nouvelles fonctionnalités, la marque pourrait se montrer particulièrement prudente dans le secteur sensible de la santé, afin d’éviter toute analyse erronée et l’interprétation de données délicates.
Cependant, le projet, nommé « Mulberry » en interne, semble toujours sur la table, même s’il est retardé dans le but de proposer une amélioration plus significative. Le lancement officiel d’iOS 27 est prévu pour septembre, offrant à la société une opportunité de livrer une version améliorée d’Apple Santé intégrant des éléments d’Apple Intelligence.
En attendant, la demande des utilisateurs devient pressante. Face à l’absence d’IA dans Apple Santé, de nombreux utilisateurs se tournent vers des applications tierces comme Bevel. Cette application permet de récupérer les données d’Apple Santé, mais les interprète avec des scores, des conseils et un chatbot alimenté par IA. Un système similaire à celui proposé par Google Health, dont Apple devrait s’inspirer pour rester pertinent au-delà du simple matériel des Apple Watch. Bien que les montres connectées d’Apple soient parmi les meilleures du marché, si Apple Santé ne se transforme pas en profondeur, elle risque de devenir une simple base de données, loin de proposer un accompagnement pertinent concernant l’analyse des mesures de sport, de récupération ou de bien-être.
