1 169 ch, 11 minutes de recharge : la première AMG électrique.
La Mercedes-AMG GT Coupé 4 Portes développe quasiment 1 200 ch grâce à trois moteurs à flux axiaux et dispose d’une batterie de 106 kWh offrant jusqu’à 700 km d’autonomie selon le cycle WLTP. La puissance maximale de charge de cette voiture électrique peut atteindre « de plus de 600 kW », permettant de passer de 10 à 80 % de batterie en 11 minutes.

La voiture électrique est-elle réservée aux citadines ? Plusieurs marques pensent que non et présentent des sportives 100 % électriques. Porsche a ouvert la voie avec son Taycan, rapidement rejoint par Maserati, et Ferrari et Jaguar suivront bientôt.
Aujourd’hui, Mercedes-Benz entre dans la danse avec sa première berline électrique sous le label AMG : voici la Mercedes-AMG GT Coupé 4 Portes.
Le concept Mercedes-AMG GT XX avait suscité de grandes attentes, et la version de série se doit de répondre aux promesses. Son arsenal technologique impressionne, avec des innovations révolutionnaires et des performances de choix destinées à démontrer qu’une AMG peut se passer d’essence sans compromis.
Un design loin d’être gratuit
Pour sa première voiture électrique, AMG a choisi une berline, un SUV étant prévu pour les mois à venir.

Cette AMG GT Coupé 4 Portes mesure 5,09 m de long (avec un empattement de 3,04 m), 1,96 m de large et seulement 1,41 m de haut ; elle est 3 cm plus basse que l’AMG GT 4 portes à moteur thermique, un tour de force compte tenu de l’installation de la batterie dans le plancher.
Quant au design de cette AMG électrique, il intègre des éléments stylisés des dernières Mercedes, notamment les étoiles dans les phares et les feux, ainsi qu’une calandre éclairée.

Cependant, le design a pour principal objectif d’améliorer l’aérodynamisme et le refroidissement de la mécanique. Le coefficient de traînée (Cx) est de 0,22 et la surface frontale (SCx) de 0,537, grâce à des éléments aérodynamiques spécifiquement conçus : l’aileron actif et les jantes personnalisées sont classiques, tandis que la création d’un flux Venturi sous le châssis, encouragée par des dispositifs actifs, l’est moins.
Enfin, la calandre dotée de volets commandés contribue à l’aérodynamisme lors des faibles sollicitations, tout en garantissant un refroidissement optimal lors de conditions extrêmes.
Un habitacle spectaculaire
Le design intérieur de cette AMG GT électrique n’est pas une surprise, puisqu’il avait déjà été révélé il y a quelques semaines. La planche de bord est presque entièrement constituée d’écrans, avec trois dalles au total, basées sur le dernier système d’exploitation de Mercedes, nommé MB.OS.

Le conducteur bénéficie d’un écran de 10,4 pouces personnalisable selon divers modes, du plus sportif à une carte occuper l’intégralité de la dalle pour les longs trajets.
Un écran de 14 pouces en position centrale regroupe tous les contrôles, et donne accès au « Menu Performance AMG », offrant ainsi une multitude de données techniques : flux d’énergie, puissance instantanée, température des batteries et pneus, temps au tour, etc. Le passager a à sa disposition un écran équivalent, lui permettant d’accéder à ses propres menus.

Un détail intéressant : une « navigation intelligente de course » affiche dans la vision tête haute les points de freinage et la trajectoire optimale en virage, comme si on était dans un jeu vidéo.
Concernant les trois molettes sur la console centrale, elles font partie de l’AMG Race Engineer, permettant d’ajuster la réponse moteur, le comportement en virage et le niveau de drift selon plusieurs paramètres.

Le confort à bord et la qualité des matériaux sont de mise, avec des finitions au rendu haut de gamme, un toit panoramique illuminé par des cristaux liquides, et des équipements modernes comme la sono 4D Burmester.
Quatre sièges sont disponibles de série, mais une option de banquette « 2+1 » permet d’en faire un modèle à 5 places. Le coffre offre une capacité de 415 litres VDA, avec en plus 41 litres VDA dans le coffre avant (frunk).
Une motorisation hors du commun
Place désormais à la section technique de cette Mercedes-AMG GT Coupé 4 Portes. Ici encore, le concept AMG GT XX avait ouvert la voie, mais la version de série déploie une plateforme inédite : l’AMG.EA.

Au cœur de ce dispositif se trouvent trois moteurs électriques à flux axiaux (un à l’avant et deux à l’arrière), une première sur un modèle électrique de série selon Mercedes. Sur la version la plus puissante (nommée AMG GT 63, comme les versions thermiques), ils affichent 860 kW (1 169 ch) et 2 000 Nm de couple. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 2,4 secondes et le 0 à 200 km/h en 6,4 secondes. Sa vitesse maximale atteint 300 km/h.
Pour rappel, un moteur électrique à flux axial permet d’augmenter la puissance et le couple tout en proposant des dimensions très compactes : les moteurs arrière mesurent seulement 8 cm de large, contre 9 cm pour celui à l’avant.

Le fait de disposer de trois moteurs, comme l’Alpine A390 ou la Maserati GranTurismo Folgore, permet d’offrir une transmission intégrale et un contrôle indépendant de chaque moteur, améliorant l’agilité en virage, soutenue par la direction des roues arrière.
À noter que pour optimiser le rendement et la consommation (et donc l’autonomie), le moteur avant peut se désaccoupler lorsqu’il n’est pas utilisé.
Enfin, AMG a prévu un mode « AMGFORCE S+ » pour les critiques de l’électrique, souvent jugée trop silencieuse et peu engageante.

Le principe est basique : un bruit moteur systématiquement basé sur le V8 de l’AMG GT R, mixé en direct à partir de plus de 1 600 fichiers sonores, provient des haut-parleurs, tandis que des rapports fictifs incluent des ruptures de couple pour recréer les sensations d’une voiture de sport thermique. Cette approche, déjà saluée pour la Hyundai Ioniq 5 N, devrait séduire les traditionalistes.
Une batterie unique en son genre
Pour soutenir cette puissance impressionnante, la batterie affiche des standards élevés.
Sa capacité de 106 kWh est significative, sans être extrême ; son aspect le plus intéressant réside cependant dans ses 2 660 cellules cylindriques particulièrement fines (seulement 26 mm de diamètre pour 105 mm de hauteur, tandis que les cellules cylindriques de BMW mesurent 46 mm de diamètre pour 95 mm de hauteur) et à très haute densité énergétique (298 Wh/kg).

En effet, l’autonomie peut atteindre jusqu’à 700 km avec une charge, selon le cycle WLTP. Cependant, AMG a axé ses efforts sur le refroidissement de l’ensemble, un point faible traditionnel des véhicules électriques : une batterie trop chaude briderait ses performances. Ce phénomène est à éviter dans cette catégorie.
Pour remédier à cela, toutes les solutions ont été envisagées. Le refroidissement est qualifié de « direct », avec un liquide non conducteur circulant à l’intérieur même des modules, assurant un refroidissement individuel de chaque cellule, garantissant ainsi de très hautes performances toujours reproductibles.

Un autre avantage d’une batterie bien refroidie est de permettre des puissances de charge très élevées, cette AMG GT électrique pouvant atteindre « plus de 600 kW », permettant de passer de 10 à 80 % de charge en seulement 11 minutes.
Bien que le mégawatt du concept n’ait pas été atteint, cette performance est sans précédent pour une voiture électrique européenne, et peu de modèles chinois peuvent se vanter de l’atteindre.
Le plus dur reste à faire ?
Ce déferlement technologique impressionne, permettant d’atteindre et de maintenir des performances extraordinaires.

Cette voiture est en mesure de rivaliser avec les Porsche Taycan et Xiaomi SU7 Ultra, qui s’affrontent sur le circuit du Nürburgring, et de clamer haut et fort qu’une AMG peut être électrique et demeurer fidèle aux valeurs de la marque.
Reste à savoir si la clientèle adoptera ce modèle. La forte baisse des ventes de Porsche électriques et de Maserati véhicule un message fort : les amateurs de voitures de sport ne sont pas encore pleinement réceptifs à la motorisation électrique. Les performances exceptionnelles et les sons artificiels suffiront-ils à convaincre ?

