Vague de chaleur : canicule de mai dépassée en intensité et durée
La fin du mois de mai avait été anormalement chaude et les prévisionnistes de Météo-France annoncent l’arrivée de « très fortes chaleurs » dès jeudi pour une grande partie du pays. Vingt-six départements sont en vigilance orange, du Bassin parisien à l’Auvergne-Rhône-Alpes, et des pointes à 40 degrés sont possibles dimanche.
La fin du mois de mai a été marquée par des températures anormalement élevées, témoignant d’un climat de plus en plus chaotique. Pour annoncer l’arrivée de l’été, le ciel prévoit une vague de chaleur supplémentaire. À partir de jeudi, de « très fortes chaleurs » et des « nuits très chaudes » devraient affecter une grande partie du territoire, préviennent les services de Météo-France.
« Cette vague de chaleur précoce et intense peut avoir des répercussions sur la santé des populations », insistent les prévisionnistes, qui ont déjà placé environ soixante départements en vigilance jaune. Vingt-six d’entre eux sont en vigilance orange, notamment dans le Bassin parisien, en Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que dans le Centre et l’Est. En somme, la chaleur sera encore plus intense qu’en mai. Voici pourquoi.
**Parce qu’il va faire encore plus chaud**
« Des pics à 40 degrés sont envisageables dimanche. » Les prévisionnistes de Météo-France ne laissent place à aucun doute : il s’agit de la première vague de chaleur de l’année. Bien que l’événement de fin mai ait été exceptionnel par sa précocité, il ne répondait pas aux critères d’une véritable vague de chaleur. En revanche, cette fois, nous y serons assurément. Certains sites spécialisés prévoient même des températures atteignant 45 degrés lundi, bien que ce chiffre soit trop éloigné pour être confirmé pour l’instant. Une chose est sûre : les journées de dimanche et lundi seront caniculaires.
Dans son dernier bulletin, Météo Consult fait état de « nombreux records de chaleur mensuels » qui pourraient être battus. Ses prévisionnistes estiment également qu’il pourrait y avoir « des nuits tropicales et suffocantes », dépassant 20 degrés au minimum, et atteignant même « 25 à 26 degrés » dans les plus grandes villes comme Paris et Lyon.
**Parce qu’on ne sait pas combien de temps cela va durer**
Les prévisionnistes précisent que les données météorologiques perdent en fiabilité au-delà de quatre à cinq jours. Cependant, les modèles actuels laissent entrevoir que cette vague de chaleur pourrait se prolonger pendant au moins dix jours, voire quinze, ou même plus. « Nous sommes confrontés à ce que l’on appelle un blocage en oméga. C’est une vaste masse d’air chaud venant d’Afrique du Nord qui agit comme une coupole. Elle remonte pleine d’air chaud et reste sur place. Pour le moment, elle est bloquée et ne se dégage pas. Nous ne pouvons pas prédire combien de temps cela durera », explique Ludovic Arga, conseiller climat. L’inconvénient de cette chaleur persistante, c’est qu’elle va s’accumuler dans les sols, dans les bâtiments, et également dans les organismes.
**Parce que les jours sont très longs**
Le soleil se lève avant 6 h du matin pour se coucher après 22 h. Subir une canicule autour du solstice d’été est véritablement ce qu’il y a de pire. Avec seize heures de lumière continue, le soleil risque de nous brûler. « C’est une réelle différence par rapport à l’épisode de mai ou aux canicules d’août. Dès 9 h, le soleil est haut dans le ciel. Il tape fort sur les maisons et les immeubles, surtout ceux orientés Est-Ouest. Cet angle favorise le rayonnement sur les vitres, augmentant ainsi la chaleur à l’intérieur », précise Ludovic Arga.
L’autre conséquence directe de ces longues journées est la réduction des nuits, ce qui limite le temps pendant lequel la température peut baisser. « Nous n’avons pas le temps de rafraîchir. Les températures resteront très hautes, particulièrement dans les îlots de chaleur », s’inquiète le conseiller climat.
**Parce que nous ne sommes pas préparés**
« Nous sommes dans une situation d’impréparation totale. Nous avons à peine quelques bouteilles d’eau et éventuellement un ventilateur. » Tel est le constat d’un professeur d’histoire-géographie du Cher et de nombreux enseignants inquiets face à cette vague de chaleur, alors que de nombreux lycéens passent leur baccalauréat.
« Ce week-end, il y a la Fête de la musique, des matchs de Coupe du monde, des kermesses. Les gens seront dehors, la nuit, avec plus de 30 degrés à minuit. La semaine prochaine, des examens et des travailleurs seront également concernés. La situation est très différente d’un mois d’août. » Ludovic Arga souligne la responsabilité du réchauffement climatique pour expliquer cette vague précocement sévère. Selon les scientifiques, ces vagues de chaleur devraient devenir plus fréquentes et intenses à l’avenir.
**Parce que la nature va souffrir**
La chaleur de fin mai n’a pas été bénéfique pour la végétation. Cette nouvelle vague de chaleur au début de l’été va probablement aggraver la situation. Les plantes et les arbres, déjà en stress hydrique à cause du manque de pluie, souffriront davantage que lors de l’épisode de mai, où ils avaient reçu des arrosages suffisants. L’arrosage artificiel deviendra indispensable dans les champs et les potagers, mettant encore plus à mal des réserves en eau déjà fragiles à l’approche de l’été.
