France

Teknival du 1er-Mai prévu malgré la législation anti free party.

Le mouvement free party a l’intention d’organiser un Teknival du 1er-Mai dès ce jeudi, quelques semaines après le vote par l’Assemblée d’une nouvelle loi contre les rave-partys. Aucun grand teknival du 1er-Mai ne s’est tenu depuis 2019, bien que l’événement ait rassemblé jusqu’à 100.000 personnes et plusieurs dizaines de sounds systems en 2004.


Le mouvement free party souhaite se faire entendre ce long week-end de mai. Sur le forum habituel « Bass expression », une organisation annonce son intention d’organiser un Teknival le 1er mai, à partir de ce jeudi. Cela intervient quelques semaines après le vote par l’Assemblée d’une nouvelle loi visant à réprimer les rave-partys. Ce texte, qui doit encore être examiné par le Sénat, prévoit des peines allant jusqu’à six mois de prison et 30.000 euros d’amende pour les « organisateurs », une définition large dans la loi, ainsi qu’une amende de 1.500 euros pour les participants, montant qui correspond actuellement à l’amende encourue par un organisateur.

Rassemblant jusqu’à 100.000 personnes et plusieurs dizaines de sounds systems d’Europe en 2004, aucun grand teknival du 1er mai – jour symbolique de la naissance du mouvement free parties – n’a eu lieu depuis 2019.

Suspense sur le lieu

Les organisateurs déclarent à Bass Expression : « Derrière ce choix, nous souhaitons un retour à l’événement de notre culture ayant le plus de puissance afin d’obtenir un écho politique et médiatique face au silence gouvernemental. » Ce forum avait notamment partagé un long message d’excuses aux victimes de l’incendie de l’Aude après une free party.

Néanmoins, pour ce week-end, le suspens demeure concernant le lieu, le nombre de participants et la tenue de l’événement. Les autorités préfectorales ont multiplié les arrêtés d’interdiction de rassemblements festifs non déclarés à caractère musical, comme c’est souvent le cas à cette époque de l’année et durant l’été. Ces arrêtés permettent notamment de stopper les véhicules transportant du matériel de sonorisation. C’est le cas dans plusieurs départements, dont la Loire, le Gard, le Pas-de-Calais, la Seine-et-Marne et la Haute-Saône.

Cet appel s’inscrit dans un contexte de répression accrue des autorités à l’encontre des free parties. Les saisies de sounds systems, les affrontements avec les gendarmes et les verbalisations massives sont devenus fréquents, même lors de rassemblements d’une petite à quelques centaines de personnes. Cependant, plusieurs free parties de grande envergure continuent de se tenir régulièrement en France. L’été dernier, environ 10.000 personnes s’étaient réunies en Lozère.