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Survivre seul six jours sur l’Everest en pleine tempête : explications.

Hillary Dawa, un sherpa népalais de 52 ans, a été retrouvé vivant le 4 juin après avoir disparu pendant plus de six jours sur le mont Everest à environ 7.000 mètres d’altitude. Cinq alpinistes ont trouvé la mort depuis janvier lors de l’ascension du mont Everest.


C’est presque incroyable : Hillary Dawa, un sherpa népalais de 52 ans disparu pendant plus de six jours sur le mont Everest, a été retrouvé vivant le 4 juin alors qu’il rampait seul pour regagner son camp de base à environ 7 000 mètres d’altitude. Un véritable miraculé, car la haute montagne ne fait généralement pas de cadeaux. Depuis janvier, cinq alpinistes ont déjà perdu la vie lors de l’ascension du sommet le plus élevé du monde.

La famille du sherpa ne nourrissait plus beaucoup d’espoir de le retrouver vivant après plus de six jours sans nouvelles et des recherches infructueuses. Ils avaient même commencé les démarches funéraires. Pourtant, il a été retrouvé souriant par une « équipe de nettoyage » de l’Everest, le Sagarmatha Pollution Control Committee. Est-ce de la chance ? De l’expérience ? Survivre dans de telles conditions extrêmes en haute montagne n’est pas un coup de dés, c’est surtout une question d’expertise.

La survie en milieu montagnard « repose avant tout sur l’anticipation. La préparation est le premier facteur de sécurité », explique Mathis Dumas. Guide de haute montagne et vidéaste de l’extrême, il a accompagné Inoxtag lors de son ascension de l’Everest. Il précise : « La connaissance du terrain, la lecture de la météo, un équipement adapté et une expérience du milieu sont primordiaux. Les accidents en montagne résultent rarement d’une seule erreur, mais plutôt d’une accumulation de petits facteurs défavorables. »

Un autre guide de haute montagne de l’École nationale de ski et d’alpinisme à Chamonix (ENSA) partage cet avis et énumère les dangers à ces altitudes. « Nous manquons d’oxygène et nos capacités sont diminuées. Nous sommes isolés, loin des secours. […] En cas de mauvais temps, le manque de visibilité et les basses températures compliquent les mouvements et l’orientation. » Il ajoute : « Avant toute chose, il y a des principes de base : on ne s’aventure pas si l’on ne sait pas faire. Dans le cas du sherpa népalais, il s’agit d’une personne ayant beaucoup d’expérience, de compétences, et malgré cela, même avec un tel niveau, il est possible de se retrouver piégé. »

Mathis Dumas surenchérit : « Pour survivre aussi longtemps, il a mis en œuvre de nombreux stratagèmes pour prolonger sa survie. Avec la neige, nous savons déjà qu’il est possible d’obtenir un peu d’eau. Il faut s’isoler du sol pour conserver la chaleur. Adopter une approche dégradée, économiser tout ce qui est vital et faire preuve de ce formidable instinct de survie est essentiel. »

D’après Mathis Dumas, « lorsque la situation se dégrade, la priorité est généralement de lutter contre le froid, le vent et la déshydratation. L’hypothermie représente l’un des principaux dangers. Trouver un abri, conserver sa chaleur corporelle, limiter les efforts inutiles et économiser son énergie deviennent essentiels. » De nos jours, on dispose de « radios, téléphones satellites, balises GPS ou dispositifs de suivi, qui jouent un rôle majeur en matière de communication. Cela permet d’accélérer considérablement les recherches et les secours ». Le guide de haute montagne conclut : « L’expérience reste probablement le meilleur outil de survie. Savoir renoncer, faire demi-tour ou modifier un objectif avant que la situation ne devienne critique peut souvent être la meilleure décision. »