Qu’est-ce que l’effet ELIZA ?
L’effet ELIZA, qui désigne la tendance à prêter des sentiments ou une conscience aux chatbots, remonte à la création du chatbot ELIZA par Joseph Weizenbaum au milieu des années 1960. De nos jours, des utilisateurs d’IA, comme le montre de nombreux articles, sont convaincus de leur conscience émergente et les prennent pour confidentes.

Énoncé il y a plusieurs décennies, l’effet ELIZA est aujourd’hui plus répandu que jamais. Il est fort probable que vous l’ayez déjà expérimenté sans le savoir, en discutant avec une intelligence artificielle. Qu’est-ce que c’est exactement ? Pourquoi porte-t-il ce nom ? Nous allons tout vous expliquer.
ELIZA, qu’est-ce que c’est ?
Si vous vous appelez Élisa, ne vous inquiétez pas : l’effet ELIZA ne fait pas référence à l’amour fou qui doit sans doute frapper tous les hommes qui posent leur regard sur votre charmant visage. En réalité, ELIZA est le nom d’un des premiers chatbots de l’Histoire, conçu au milieu des années 1960 par l’informaticien Joseph Weizenbaum. Et non, les chatbots ne sont pas des robots chats, mais des programmes qui conversent. Autrement dit, ce sont des logiciels de dialogue.
Un chatbot dans les années 60 ?
Si vous avez attendu l’arrivée de ChatGPT fin 2022 pour échanger avec une machine, cela signifie que vous avez manqué le début. Même si les IA génératives actuelles dépassent largement leurs prédécesseurs en termes de performance, ces derniers existent depuis les années 1950. Le plus connu, Jabberwacky, a été mis en ligne en 1997 : les premiers internautes s’en souviennent sans doute avec nostalgie, évoquant des conversations souvent frustrantes et absurdes qui en résultaient.
Qu’en est-il de l’effet ELIZA ?
Bien que, par rapport à des modèles comme Claude ou Gemini, ELIZA ne soit pas très performante, ceux qui échangeaient avec elle, dès le départ, étaient enclins à lui attribuer des sentiments, des intentions ou une forme de conscience. Aujourd’hui, l’effet ELIZA prend une ampleur significative : de nombreux articles témoignent que certains utilisateurs d’IA croient en l’émergence de leur conscience, les considèrent comme des confidents ou même tombent amoureux d’elles. Ce biais cognitif, qui présente des dangers, nécessite donc une prise de conscience plus que jamais.

