France

Seine-Saint-Denis : Bouamrane (PS) défie Bagayoko (LFI) pour Plaine commune

A la veille d’un vote décisif prévu mardi 21 avril 2026 à 18 heures, le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a annoncé sa candidature face au maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, jusque-là seul en lice. La présidence de Plaine Commune, occupée depuis 2020 par le socialiste Mathieu Hanotin, concerne une intercommunalité de 460.000 habitants et 2.200 agents.


À la veille d’un vote décisif prévu mardi 21 avril 2026 à 18 heures, la présidence de Plaine Commune suscite des tensions entre les élus de gauche en Seine-Saint-Denis. Le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a annoncé lundi sa candidature face au maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui était jusqu’à présent le seul candidat.

Dans un message publié sur X, Karim Bouamrane a déclaré : « J’ai décidé d’être candidat », critiquant une orientation politique qu’il juge préoccupante. Selon lui, les prises de position de son concurrent et de membres de La France insoumise « ont confirmé clairement la volonté de faire de Plaine Commune une base arrière pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon » en vue de 2027. Il a également mis en garde contre « une présidence à Plaine Commune dont le seul intérêt est de servir de caisse de résonance politique à LFI ».

Le maire de Saint-Ouen a également évoqué la menace d’un bras de fer financier en cas d’élection de Bally Bagayoko. « À Saint-Ouen, nous sommes le plus grand contributeur net par habitant. Je peux me retirer. Et en attendant, je ne verserai plus les contributions qui s’élèvent à plus de 26 millions par an », a-t-il affirmé, évoquant une potentielle « crise financière, institutionnelle » pour l’intercommunalité. Il a par ailleurs adressé « un message clair » à Jean-Luc Mélenchon : « Je ne me soumettrai jamais à son diktat. »

Face à ces accusations, Bally Bagayoko a rejeté toute instrumentalisation politique de sa candidature. « Je suis membre de La France Insoumise, mais je suis soutenu par d’autres maires », a-t-il rappelé, estimant que « l’EPT n’a pas vocation à devenir la base arrière de LFI : on est en plein délire ! ». Il s’est dit « attristé » par l’attitude de son adversaire, évoquant « une forme de panique » et assurant vouloir travailler « avec l’ensemble des maires, y compris le maire de droite ».

Cette élection se déroule dans un contexte politique local renouvelé, suite à la récente victoire de Bally Bagayoko à Saint-Denis, la deuxième ville d’Île-de-France. Il bénéficie du soutien de plusieurs élus, dont Aly Diouara (La Courneuve), Mohamed Gnabaly (L’Île-Saint-Denis) et Azzédine Taïbi (Stains). La présidence de Plaine Commune, occupée depuis 2020 par le socialiste Mathieu Hanotin, concerne une intercommunalité de 460.000 habitants et 2.200 agents.

L’établissement public territorial regroupe huit communes de Seine-Saint-Denis, majoritairement dirigées par des maires de gauche, incluant Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Aubervilliers ou encore Épinay-sur-Seine. Le scrutin de mardi pourrait ainsi redéfinir les équilibres politiques au sein de cette structure stratégique du Grand Paris.