France

Sécheresse : La Bretagne n’échappe pas à la crise hydrique.

La Bretagne, souvent perçue comme un bastion de verdure, subit pourtant les effets du réchauffement climatique. En effet, la situation actuelle est préoccupante : 67 départements français sont en état de « crise » face à la sécheresse, et près de 70 % du territoire national fait l’objet de restrictions sur l’utilisation de l’eau. Les départements du Finistère et du Morbihan, à l’ouest, ont atteint le seuil d’alerte maximal, tandis que d’autres comme les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine ne sont pas épargnés.

Un rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), daté de fin juillet 2026, révèle que la majorité des nappes phréatiques en Bretagne se trouvent à des niveaux jugés « modérément bas », « bas » ou même « très bas » par rapport aux moyennes habituelles de juillet. Cette situation soulève des questions, notamment sur la vulnérabilité de cette région, souvent associée à des précipitations abondantes.

La Bretagne se distingue par des sols qui ne favorisent pas le stockage d’eau sur le long terme. Comme l’explique l’Observatoire de l’environnement en Bretagne (OBE), « le sous-sol breton ne permet pas de constituer un stock d’eau d’une année sur l’autre comme dans d’autres régions ». En période de sécheresse, les nappes peuvent se vider en seulement trois mois, entraînant une baisse rapide des débits des cours d’eau.

L’été 2022 avait déjà été marqué par une sécheresse intense, avec 130 jours consécutifs sans pluie et un total de 250 jours de sécheresse sur l’année. L’OBE souligne que l’augmentation des températures entraîne des sécheresses plus fréquentes et plus prolongées.

Les perspectives ne sont pas encourageantes. Le dernier rapport du GIEC indique que le réchauffement climatique touchera toutes les régions, avec des changements de plus en plus simultanés. Les vagues de chaleur et les sécheresses devraient devenir plus courantes. Par ailleurs, les projections de Météo-France, basées sur la Trajectoire de référence de réchauffement pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), prévoient une augmentation de la température moyenne annuelle en Bretagne de +1,8 °C d’ici 2050 et de +2,9 °C d’ici 2100, par rapport à la période 1976-2005. Les étés devraient devenir plus secs, tandis que les hivers pourraient connaître des précipitations plus importantes.