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Séismes : Japon et Venezuela ont tremblé avant la Colombie, lien à envisager ?

La planète continue de trembler, et les récents événements sismiques soulèvent des interrogations quant à une possible augmentation de l’activité sismique mondiale. Le séisme dévastateur de magnitude 7,4 qui a frappé la Colombie ce lundi, causant la mort d’au moins 180 personnes, s’inscrit dans une série de secousses qui ont touché plusieurs régions du globe. Le 28 juillet dernier, le Japon avait déjà été secoué par un tremblement de terre de magnitude 7,1, tandis qu’un double séisme au Venezuela, survenu un mois plus tôt, avait fait plus de 6 000 victimes et causé d’importants dégâts matériels.

Parallèlement, en Italie, la région des Champs Phlégréens, au nord-ouest de Naples, a connu une série de petits tremblements de terre ces dernières semaines. De plus, l’Etna a récemment émis des cendres, entraînant la fermeture temporaire de l’aéroport de Catane. Face à cette succession d’événements, la question se pose : existe-t-il un lien entre ces différentes secousses ?

Pour éclaircir cette problématique, nous avons interrogé Benoît Derode, expert du Bureau central sismologique français (BCSF-Rénass). Selon lui, il n’y a pas de corrélation directe entre le séisme colombien et ceux survenus précédemment au Japon, au Venezuela ou en Italie. Les contextes géologiques et les mécanismes à l’origine de ces tremblements de terre sont distincts, et il n’y a pas de transfert de force entre ces événements.

Le tremblement de terre au Venezuela résulte de la subduction des plaques tectoniques des mers caribéennes et de l’Atlantique, un phénomène similaire à celui observé au Japon. En revanche, le séisme en Colombie est classé comme un tremblement de terre de profondeur intermédiaire, se produisant à plus de 100 km de profondeur, contrairement aux séismes classiques qui se déclenchent généralement entre 5 et 20 km. Cette différence de profondeur suggère que les deux événements ne sont pas liés. De plus, les mécanismes géologiques en jeu ne concernent pas les mêmes plaques : la Colombie a été affectée par le délitement d’une plaque océanique, tandis que le Venezuela a subi les conséquences de la subduction.

Concernant l’Italie, les activités sismiques récentes autour des Champs Phlégréens sont attribuées à des phénomènes volcaniques, et non à une recrudescence sismique générale. Benoît Derode souligne qu’il n’y a pas d’augmentation anormale de la sismicité. Les données recueillies au cours des soixante-dix dernières années montrent que l’activité sismique n’a pas connu de hausse significative. L’augmentation apparente du nombre d’événements enregistrés est principalement due à l’amélioration des outils de mesure, qui permettent de détecter des séismes de plus faible intensité.

Ainsi, bien que la terre semble s’agiter, les experts s’accordent à dire qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter d’une augmentation globale de l’activité sismique. Les événements récents, bien que tragiques, relèvent de contextes géologiques variés et ne doivent pas être interprétés comme une tendance alarmante.