Roland-Garros 2026 : Joâo Fonseca peut-il enfin vaincre Djokovic ?
João Fonseca a aligné trois aces consécutifs à plus de 210 km/h pour achever Novak Djokovic lors du 3e tour de Roland-Garros. Fonseca s’est qualifié pour la première fois en deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem et fêtera ses 20 ans au mois d’août.

De notre envoyé à Roland-Garros,
João Fonseca a impressionné en enchaînant trois aces consécutifs à plus de 210 km/h pour mettre fin au match contre Novak Djokovic, offrant ainsi une conclusion palpitante à ce duel du 3e tour de Roland-Garros. Ce qui est déjà considéré comme le match phare de la quinzaine a vu le Djoker dominer au début, avant de ralentir, permettant à son jeune adversaire de montrer sa puissance, notamment avec un coup droit redoutable dont on risque d’entendre parler longtemps. Un coup remarquablement fort.
La sortie du Serbe du tournoi signifie que le tableau masculin a perdu son dernier champion de Grand Chelem. Toutefois, il a peut-être gagné un futur vainqueur, ce dont les experts commençaient à douter alors que Fonseca luttait pour s’affirmer comme un grand espoir. Djokovic, après avoir encaissé des coups puissants pendant 4h53, en a pris pleinement conscience.
« Il a incontestablement le potentiel pour y arriver. Il faut que tout se mette en place. Mais c’est un joueur très professionnel, d’après ce que j’ai observé au cours des deux dernières années sur le circuit. Il a les qualités nécessaires pour réussir : le talent, la puissance, et le soutien de toute la nation brésilienne – et à juste titre ! Je pense qu’il peut être le prochain grand et remporter des Grands Chelems ».
La revanche du joueur jugé trop prometteur
Fonseca n’est pas encore au sommet, il lui reste des obstacles à surmonter. En battant le Goat, il a cependant marqué un tournant important ou, à tout le moins, dissipé les doutes qui suivaient une saison sur terre battue mitigée, à peine sauvée par un quart de finale encourageant à Monte-Carlo, perdu de justesse face à Alexander Zverev. « En Australie, je me suis blessé et j’ai perdu le rythme, et les doutes ont commencé. » Vendredi, il a véritablement redressé la tête.
Entre ces deux événements, il a dû faire face à des critiques le qualifiant de surévalué et même à des commentaires sur son apparence physique, car il est bien connu qu’avoir des joues pleines nuit à la performance au tennis. « Chacun a son opinion, sa personnalité, ses plaintes. Nous devons respecter ceux qui ne m’apprécient pas ou qui sont jaloux. J’essaie d’être le moins présent possible sur les réseaux. Je connais les attentes. Le travail acharné, l’espoir et le courage, je les connais. Tout cela est le fruit d’un dur labeur. »
Fonseca a réalisé trois avancées majeures aujourd’hui. Premièrement, il a découvert le court Philippe Chatrier. Deuxièmement, il a battu pour la première fois un joueur du top 5 mondial. Et troisièmement, il s’est qualifié pour la première fois en deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem, le tout avant de fêter ses 20 ans en août. Il savoure cette réussite, mais n’a pas l’impression d’avoir atteint le sommet, même avec les éliminations de Djokovic et Sinner. « Cela donne plus de chances aux joueurs plus expérimentés comme Zverev et Ruud. »
Fonseca pourra-t-il enchaîner avec des matchs en cinq sets dans les jambes ?
Lui-même estime ne pas en être encore là. « Je viens de me qualifier pour un quatrième tour de Grand Chelem pour la première fois de ma vie. » João Fonseca ne sait pas jusqu’où il peut aller, car il ignore ses propres limites. Les deux matchs en cinq sets qu’il vient de disputer l’ont conduit à un terrain inconnu.
« Physiquement, je dois me reposer. Je n’ai pas tant d’expérience dans ces matchs en cinq sets, je ne sais pas jusqu’où je peux aller. » Quoi qu’il arrive, il sera accompagné de nombreux supporters brésiliens, toujours capables de transformer n’importe quel court parisien en une version miniature du Maracanã, espérant que leur champion soit le successeur tant espéré de Guga. Comme le dirait João Fonseca : « ça ne coûte rien de rêver ».

