
Procès de Rachida Dati : l’élue se décrit en députée lambda au Parlement européen
Au tribunal correctionnel de Paris, Rachida Dati a cherché à réduire son rôle au Parlement européen, alors qu’elle est jugée dans un dossier de corruption et de trafic d’influence lié à Renault-Nissan. L’ancienne ministre soutient qu’elle n’était qu’une députée peu présente à Bruxelles, tandis que l’accusation soupçonne un travail de lobbying rémunéré entre 2009 et 2013.
Une défense fondée sur une présence limitée à Bruxelles
À la barre, Rachida Dati a décrit son activité parlementaire comme très réduite. Élue au Parlement européen de 2009 à 2019, elle affirme ne s’y rendre que pour les séances plénières. Selon elle, l’essentiel du travail était préparé par ses collaborateurs, qui rédigeaient ses interventions et choisissaient même les sujets à traiter. Elle a aussi indiqué que ses questions écrites n’étaient pas préparées par elle-même.
Cette présentation vise à contester l’idée qu’elle aurait utilisé son mandat pour servir des intérêts privés. Les magistrats cherchent au contraire à comprendre si son activité d’élue a pu être mise au service de Renault-Nissan, alors qu’elle aurait perçu 900.000 euros d’une filiale du groupe.
Les questions sur Renault-Nissan au cœur des soupçons
Le tribunal s’est notamment intéressé à trois questions écrites portant sur le secteur automobile. L’une d’elles, consacrée au niveau sonore des véhicules, aurait été transmise en amont au secrétariat de Carlos Ghosn. Rachida Dati a contesté toute intention de favoriser Renault, expliquant qu’il pouvait s’agir d’une confusion sur les dates du fichier. Elle a aussi soutenu que l’envoi de questions à plusieurs acteurs du secteur était habituel.
Interrogée sur le fait que cette question n’aurait pas été adressée à tous les constructeurs, elle a renvoyé la responsabilité à ses collaborateurs. Le dossier repose donc en partie sur la circulation de documents et sur la manière dont ils ont été préparés et diffusés.
Avocate, secret professionnel et mélange des rôles
Rachida Dati affirme que sa convention d’honoraires avec Renault rémunérait uniquement un travail d’avocate. Elle dit avoir conseillé le groupe sur son développement au Maghreb, en Iran et en Turquie. Elle soutient aussi que Carlos Ghosn privilégiait des comptes rendus oraux et qu’elle n’a pas conservé d’archives au-delà de cinq ans.
Le tribunal s’interroge également sur la frontière entre ses fonctions d’élue et son activité d’avocate. Elle dit n’avoir jamais été en conflit d’intérêts et invoque le secret professionnel pour expliquer qu’elle n’ait pas signalé que Carlos Ghosn était son client. Un courriel d’un collaborateur, envoyé sur son adresse d’avocate, a aussi attiré l’attention des juges, car il évoquait une « victoire » sur un texte concernant le niveau sonore des véhicules. Rachida Dati soutient que ce message relevait du travail politique ordinaire et que tout était public.
Ce qu’il faut retenir
- Rachida Dati est jugée à Paris pour des faits de corruption et de trafic d’influence liés à Renault-Nissan.
- Elle affirme avoir eu une activité limitée au Parlement européen et attribue une large part du travail à ses collaborateurs.
- Elle encourt jusqu’à dix ans de prison et 450.000 euros d’amende.
Source : consulter l’article d’origine.
Cette synthèse a été produite automatiquement à partir de la source citée.
