France

Présidentielle 2027 : La primaire de la droite et du centre inéluctable ?

Les premiers mois de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 au sein du bloc central se résument à un appel à l’unité, mais avec une forte concurrence entre Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Chacun d’eux aspire à se positionner comme le candidat capable de rassembler la droite et le centre pour éviter un affrontement entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour. « Sans rassemblement, il n’y aura de victoire pour personne », a averti Edouard Philippe, maire Horizons du Havre, lors d’une récente déclaration à Paris. Cependant, malgré les appels à l’unité, la situation semble stagnante et des tensions persistent. Un député MoDem a exprimé ses inquiétudes en affirmant : « Plus ça va aller et moins ils vont s’entendre. On file tout droit vers la catastrophe. » Cela soulève la question d’une primaire inévitable.

Cette semaine, Edouard Philippe a tenté de relancer le processus d’union en annonçant son intention d’écrire aux dirigeants des partis de droite et du centre pour proposer la création d’un comité. Une première réunion pourrait avoir lieu début novembre. Toutefois, des voix s’élèvent pour critiquer cette initiative. Un député LR a ironisé sur le choix de la date, suggérant que « se retrouver pour le jour des morts » n’est pas un bon signal. Au sein d’Horizons, on aspire à rassembler diverses forces, allant du MoDem de François Bayrou au parti libéral Nouvelle Énergie de David Lisnard. Xavier Albertini, député Horizons, a souligné la responsabilité de Philippe en tant que candidat en tête des sondages, en affirmant qu’il est crucial de trouver rapidement une solution.

Malgré sa position favorable dans les sondages, Edouard Philippe peine à dissuader ses rivaux. Son invitation à la réunion a été rapidement rejetée par Bruno Retailleau, qui a qualifié l’événement de « réunion pour les macronistes entre les macronistes ». Gabriel Attal a également exprimé son scepticisme en qualifiant cette initiative de « tambouille politicienne », rappelant l’existence d’un « comité de liaison » déjà en place pour avancer dans les discussions. Anne Genetet, soutien de Renaissance, a ajouté qu’il n’existe pas de figure providentiel capable de résoudre la situation, et que si les écarts dans les sondages persistent, ce seront les militants qui devront trancher.

Au sein des macronistes, les idées fusent pour départager les candidats. Michel Barnier a proposé un « conclave » rassemblant de nombreux élus, tandis qu’un proche d’Edouard Philippe a rejeté cette approche, soulignant qu’il est préférable de laisser les sondages évoluer. Hervé Morin, président centriste de la région Normandie, a pris l’initiative d’écrire aux principaux candidats pour organiser une grande primaire ouverte. Cette proposition fait écho à une tribune signée par 200 élus fin août, ainsi qu’aux appels de figures influentes des Républicains, comme Gérard Larcher et Valérie Pécresse. Un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro révèle que 70 % des sympathisants de la droite et du centre sont favorables à une primaire. Reste à savoir si cela suffira à convaincre les candidats.

Gabriel Attal a affirmé qu’il n’a aucun problème avec l’idée d’une primaire, tandis que Bruno Retailleau a également modifié son discours en déclarant qu’il est prêt à affronter une telle compétition. David Lisnard, maire de Cannes, plaide pour cette option depuis plusieurs mois. Cependant, la position d’Edouard Philippe demeure incertaine, car il semble sceptique quant à la nécessité d’une primaire. Xavier Albertini a évoqué les divisions internes qui compliquent l’organisation d’un scrutin. Un élu centriste a résumé la situation en soulignant l’urgence de dépasser les postures et les ego, sinon le bloc central risque d’être laminé, entraînant un second tour entre le RN et LFI.