
Le MEN mise sur les effets futurs des « Établissements pionniers » face aux mauvais résultats du PISA.
Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025, qui placent le Maroc en bas du classement dans les domaines évalués, ont incité le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports à réagir. Bien que le département reconnaisse des lacunes dans les acquis scolaires des élèves marocains de 15 ans, il estime que les résultats de cette enquête ne permettent pas de tirer des conclusions sur l’impact des réformes mises en œuvre ces dernières années.
Dans un communiqué diffusé mardi, le ministère souligne que les élèves concernés par l’évaluation ont suivi leur parcours scolaire selon l’ancien modèle éducatif. Aucun d’entre eux n’a été formé dans les « Établissements pionniers », créés dans le cadre de la feuille de route 2022-2026. L’échantillon marocain était composé uniquement d’élèves du secondaire collégial public, qui n’étaient pas encore intégrés à ce programme au moment de l’évaluation.
Pour le ministère dirigé par Mohamed Saada Berrada, les résultats reflètent donc les acquis des élèves issus de l’ancien système éducatif. Ainsi, l’édition 2025 de PISA ne peut pas être considérée comme un indicateur fiable pour évaluer les effets des réformes en cours. Le ministère précise que l’impact des « Établissements pionniers » ne pourra être mesuré que lorsque les élèves ayant bénéficié de ce dispositif tout au long de leur scolarité participeront à l’enquête internationale.
Cette clarification ne minimise pas les difficultés mises en lumière par l’évaluation. Les résultats montrent une maîtrise des compétences fondamentales en deçà des attentes, un constat que le ministère relie à des faiblesses qui se manifestent dès les premières années de l’école primaire. Selon son analyse, les problèmes rencontrés à 15 ans résultent d’un cumul de lacunes accumulées tout au long du parcours scolaire, et ne se limitent pas uniquement au cycle collégial.
C’est sur la base de ce diagnostic que la réforme actuelle a mis l’accent sur l’enseignement primaire. Le ministère rappelle que les actions entreprises visent à renforcer les compétences fondamentales, notamment en lecture et en mathématiques, ainsi qu’à identifier plus tôt les difficultés d’apprentissage. La stratégie inclut également l’accélération de la généralisation des « Établissements pionniers » dans le primaire et le collège, le renforcement des dispositifs de soutien, l’adaptation des contenus pédagogiques, la formation continue des enseignants, ainsi que le développement de ressources didactiques et numériques.
L’évaluation PISA 2025, réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a impliqué plus de 760 000 élèves âgés de 15 ans dans 91 pays et économies. Elle mesure les compétences des élèves en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit, tout en intégrant un volet sur l’apprentissage dans un environnement numérique.
Au Maroc, les résultats ont révélé une moyenne de 358 points en sciences, 355 points en mathématiques et 321 points en compréhension de l’écrit. Ces scores placent le pays au 82ᵉ rang sur 90 en sciences, au 82ᵉ sur 86 en mathématiques et au 86ᵉ sur 89 en compréhension de l’écrit. Les variations dans le nombre de pays classés s’expliquent par l’absence de données comparables pour certains participants selon les domaines évalués.
Les écarts avec les moyennes des pays de l’OCDE sont significatifs, s’élevant à 482 points en sciences, 463 points en mathématiques et 461 points en compréhension de l’écrit, contre respectivement 358, 355 et 321 points pour les élèves marocains. Le ministère lui-même souligne l’importance de ces différences tout en appelant à interpréter les résultats en tenant compte du parcours scolaire des participants et du contexte éducatif dans lequel ils ont été formés.
La comparaison avec l’édition précédente de PISA met également en lumière une baisse des performances marocaines dans les trois disciplines. En mathématiques, le score moyen a chuté de 365 points en 2022 à 355 points en 2025, soit une diminution de 10 points. En compréhension de l’écrit, le score est passé de 339 à 321 points, enregistrant une baisse de 18 points. En sciences, la moyenne nationale a diminué de 365 à 358 points, soit une perte de 7 points.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte international, où les moyennes de l’OCDE ont également reculé entre 2022 et 2025, avec une baisse de 9 points en mathématiques, de 15 points en compréhension de l’écrit et de 3 points en sciences.
Le ministère considère que la trajectoire observée au Maroc est similaire à celle de nombreux autres pays, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Cependant, il reconnaît que l’écart avec les normes internationales reste important. Cette situation met en évidence les défis persistants auxquels l’école marocaine est confrontée et renforce la nécessité de poursuivre les réformes visant à améliorer la qualité des apprentissages et la maîtrise des compétences de base.
