France

Présidentielle 2027 : La candidature Hollande se précise-t-elle pour un come-back réussi ?

Il avance ses pions à moins d’un an de l’élection présidentielle. Près de dix ans après avoir quitté l’Élysée, François Hollande affiche clairement son désir d’être candidat en 2027, mettant en avant son expérience pour justifier sa décision. « J’ai déjà été président, je connais la fonction, je l’ai remplie », a-t-il déclaré devant ses soutiens réunis mercredi au Sénat. « Je peux être utile, mais je ne veux pas être un candidat de témoignage. »

Redevenu personnalité politique préférée des Français dans le dernier baromètre Ifop, l’ancien président de la République et actuel député de Corrèze prépare donc son grand retour avec l’espoir de rassembler toute la gauche derrière sa candidature. Toutefois, il doit rester vigilant face à un excès de confiance. En effet, en politique, les retours sur le devant de la scène peuvent connaître un succès, mais ce n’est pas toujours le cas, comme le montre ce bref retour sur des échecs passés.

Le naufrage de Sarkozy à la primaire à droite en 2016

Nicolas Sarkozy souhaitait sa revanche après sa défaite à l’élection présidentielle de 2012 face à François Hollande. « J’ai décidé d’être candidat à la présidentielle de 2017. La France exige qu’on lui donne tout », clamait-il alors. Cependant, pour l’ancien président de la République (2012-2017), la quête d’un second mandat s’est soldée par un échec retentissant.

Engagé dans une primaire avec François Fillon et Alain Juppé pour le leadership de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy sera sèchement battu par ses deux rivaux dès le premier tour, n’obtenant que 20,6 %. Cette humiliation a conduit l’ancien chef d’État à une retraite politique après quarante ans de carrière. « Il est temps pour moi d’aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion politique », avait-il lancé le soir de sa défaite cinglante le 20 novembre 2016. Ses multiples affaires judiciaires l’ont depuis mis définitivement hors-jeu.

Après le fiasco de 2002, Jospin se voyait encore candidat en 2007

Son discours du 21 avril 2002 restera gravé dans les mémoires. Grand favori des sondages avant l’élection présidentielle, Lionel Jospin ne verra même pas le second tour, devancé par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Ce fut un séisme pour l’ancien Premier ministre socialiste qui annoncera alors avec fracas son retrait de la vie politique. « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle », avait déclaré Lionel Jospin, décédé le 23 mars 2026 à l’âge de 88 ans.

Pas totalement en retrait, le socialiste avait esquissé un retour en politique en 2006, laissant entrevoir une candidature pour 2007 s’il était « le mieux placé pour rassembler les socialistes. » Toutefois, il n’en sera rien et, faute de soutiens, il renoncera finalement à la course présidentielle, laissant le champ libre à Ségolène Royal.

Après sa traversée du désert, le retour surprise de Manuel Valls au Gouvernement

Ancien Premier ministre, Manuel Valls se rêvait président. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Jean-Marc Ayrault de 2012 à 2014, il prendra la tête de Matignon après la démission de l’ancien maire de Nantes, suite à la défaite de la gauche aux municipales. Après deux ans et demi à Matignon, l’ancien maire d’Evry démissionnera à son tour en décembre 2016 pour préparer sa candidature à la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2017. En vain, puisque Manuel Valls sera sèchement battu au second tour par Benoît Hamon.

Après son échec présidentiel, l’ancien premier flic de France s’exile en Espagne, se lançant dans la course à la mairie de Barcelone, sa ville natale. Il termine finalement quatrième du scrutin en 2019 avant de revenir en France en 2021. Éliminé dès le premier tour des législatives en 2022, il traverse alors un gros passage à vide. Avant de faire un grand retour inattendu fin 2024 en étant nommé ministre des Outre-mer dans le gouvernement Bayrou puis de Lecornu. Aux dernières nouvelles, il n’exclurait pas de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Berlusconi, le Phénix qui renaissait toujours de ses cendres en Italie

Silvio Berlusconi a multiplié les allers-retours en politique tout comme devant les tribunaux. Figure majeure de la politique italienne, il a été trois fois président du Conseil, renaissant à chaque fois de ses cendres tel un phénix malgré les scandales, les procès et les défaites. Mort en 2023 à l’âge de 86 ans, Il Cavaliere aurait même pu décrocher la présidence de la République italienne en 2022, mais il avait finalement préféré renoncer.