Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon utilise des termes d’extrême droite.
Jean-Luc Mélenchon a lancé sa campagne présidentielle avec un premier grand meeting à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, ce dimanche. Dans tous les sondages aujourd’hui publiés, Jean-Luc Mélenchon est sèchement battu en cas de second tour face à une candidature RN.
Jean-Luc Mélenchon a affirmé sa force lors d’un grand meeting de campagne présidentielle à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, ce dimanche. Le leader de La France insoumise a déclaré que son mouvement était la seule force de gauche capable de l’emporter contre le Rassemblement national en 2027. Tout en critiquant le « suprémacisme » de Jordan Bardella et de ses partisans, le tribun de 74 ans a surpris en reprenant le slogan « on est chez nous ! », un cri de ralliement historique du Front national et de ses successeurs. Cette stratégie a été revendiquée par les responsables de LFI.
« Nous ne renierons pas, mesdames messieurs les fachos, les sacrifices et l’amour de nos grands-parents qui nous permettent d’être ici et dans ce pays qu’ils ont tant contribué à bâtir, on est chez nous ! », a déclaré Jean-Luc Mélenchon dimanche, tandis qu’une partie des milliers de sympathisants présents place Victor-Hugo à Saint-Denis reprenait la formule. Ce n’est pas la première fois que l’insoumis utilise – à sa manière – des codes de l’extrême droite. Ces derniers mois, l’ex-député de Marseille a aussi fait référence à l’expression « grand remplacement », inventée par l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus, et utilisée par Éric Zemmour et d’autres identitaires pour critiquer l’immigration. Cela permet à Mélenchon de proposer sa vision d’une « Nouvelle France ».
« Je ne sais pas si c’est une stratégie, mais plutôt quelque chose qui émerge naturellement, comme un retournement de stigmate face aux mots d’ordre d’exclusion et d’humiliation de l’extrême droite », a expliqué le député insoumis Aurélien Saintoul. « Au ‘on est chez nous’ des fachos, qui excluent pour une couleur de peau, une origine ou une religion, on oppose un slogan inclusif. Et sur le ‘grand remplacement’, il y a aussi une notion de parodie, c’est important de répondre par le rire », a ajouté l’élu des Hauts-de-Seine. « C’est un ‘on est chez nous’ unifiant, antiraciste, qui sera probablement réutilisé pendant la campagne. Le ‘grand remplacement’ était plus une boutade de Jean-Luc pour évoquer le remplacement de générations », a relativisé Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis.
En utilisant les « codes » du Rassemblement national, LFI cherche à établir un affrontement avec le RN en vue de la présidentielle. Jordan Bardella a réagi sur X aux critiques de Mélenchon ce dimanche. Toutefois, à gauche, certains responsables regrettent une stratégie qui met les thématiques identitaires au premier plan du débat public, au détriment des questions sociales. « Quand Jean-Luc théorise sa ‘Nouvelle France’, c’est sur quelle base ? Non pas sociale, ‘les petits’, ‘les travailleurs’, mais spatiale : ‘les métropoles et les quartiers’, et quasi raciale », a pointé François Ruffin dans *Le Nouvel Obs* dès septembre 2024.
Jean-Luc Mélenchon « confirme ce que j’ai toujours dit, c’est-à-dire qu’il assume le grand remplacement », a salué Eric Zemmour en janvier, se réjouissant de voir l’insoumis adopter sa formule. « Ce sera un affrontement avec le RN ou ceux qui reprennent leurs idées. Ce sera eux ou nous », résume Eric Coquerel. Dans tous les sondages publiés aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est clairement battu en cas de second tour face à un candidat du RN.

