France

Présidentielle 2027 : « Je ne vois pas d’option… » Une candidature unique de la droite et du centre possible ?

Des débats houleux sont attendus ce mardi soir au bureau national du Parti socialiste après les résultats décevants des alliances avec La France insoumise. Selon Le Figaro, le parti devrait acter les options présentées aux adhérents pour un vote dans les prochaines semaines : une primaire fermée où seuls les adhérents votent, une primaire semi-ouverte avec un corps électoral élargi, une primaire ouverte incluant des candidats extérieurs ou la désignation du président du parti comme candidat.


Après les élections municipales, l’attention se tourne déjà vers la présidentielle. Des débats animés sont prévus ce mardi soir au bureau national du Parti socialiste suite aux résultats décevants des alliances avec La France insoumise. De leur côté, la droite et le centre ne restent pas inactifs. Les Républicains devraient également se disputer ce soir concernant les modalités de choix de leur candidat à la présidentielle. Au centre, Edouard Philippe projette de transformer sa réélection en tremplin pour 2027, tandis que Gabriel Attal prévoit aussi d’accélérer ses démarches dans les semaines à venir. Cela pourrait-il rendre impossible une candidature commune de la droite et du centre ?

Il existe déjà des candidats déclarés, comme Edouard Philippe, David Lisnard, Xavier Bertrand et Bruno Retailleau, ainsi que ceux qui devraient bientôt se déclarer, comme Gabriel Attal, et d’autres qui envisagent sérieusement de se lancer sans trop le cacher, tels que Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez, éventuellement Yaël Braun-Pivet, Elisabeth Borne ou Michel Barnier. Un ensemble d’aspirations qui pourrait créer un embouteillage au premier tour, rendant quasi mécanique l’échec de l’ancien « bloc central » à accéder au second tour. « Il n’y a pas besoin d’avoir fait Sciences Po ou l’ENA pour comprendre que si ne serait-ce que 2 ou 3 de ceux-là y vont, on est morts ! », se lamente un député Les Républicains.

Ce mardi matin, Gabriel Attal a appelé Horizons et le MoDem à se coordonner avec son parti Renaissance pour « organiser » un « rassemblement » avant l’élection présidentielle. L’ex-Premier ministre a proposé sur France Inter « une primaire » ou « les sondages » ou « une autre méthode » pour éviter la dispersion parmi les anciens macronistes. « Nos trois familles ont gouverné ensemble. Il faut prendre nos responsabilités pour éviter d’avoir Mélenchon – Bardella au second tour de la présidentielle, un duel que les Français redoutent », souligne la députée Renaissance Prisca Thévenot, ancienne porte-parole du gouvernement Attal. Le problème est qu’Edouard Philippe a déjà exclu toute participation à une primaire et espère profiter de sa réélection au Havre pour prendre ses distances.

« Le Havre, c’est une très belle ville, mais je ne vois pas comment on tire la ligne entre un scrutin local et l’enjeu national », déclare Prisca Thévenot. Autre problème : l’absence des Républicains dans cette éventualité de rassemblement. « Aujourd’hui, je ne sais pas qui sont les Républicains. Nous pouvons travailler avec Bertrand, Copé ou Pécresse, mais franchement, vous me voyez tracter pour Retailleau ? On ne combat pas les extrêmes en glissant sémantiquement et politiquement vers eux », balaie la députée Renaissance des Hauts-de-Seine.

Chez LR, le bureau politique de ce soir s’annonce tendu entre les partisans d’une primaire, comme Laurent Wauquiez, qui souhaite l’organiser d’Edouard Philippe à Sarah Knafo, et ceux comme Bruno Retailleau qui espèrent faire valider sa propre candidature par les adhérents du parti. « Wauquiez était contre la primaire il y a un an, il n’aurait jamais été sur cette position s’il avait pris le parti. Son but est simplement de faire chier Retailleau », confie l’ex-député Pierre-Henri Dumont, membre du bureau politique.

Selon Le Figaro, le parti devrait acter les options soumises aux adhérents pour un vote dans les prochaines semaines : une primaire fermée où seuls les adhérents votent, une primaire semi-ouverte avec un corps électoral élargi, une primaire ouverte incluant des candidats extérieurs ou la désignation du président du parti comme candidat, c’est-à-dire… Bruno Retailleau. « Il faut une candidature de l’un des nôtres à l’élection présidentielle. Ce n’est pas à nous de gérer le triste héritage des quinquennats Macron », plaide Pierre-Henri Dumont.

« Nos adhérents détestent la primaire, donc cela reviendrait à valider la candidature Retailleau. Le problème, c’est qu’il ne décolle pas dans les sondages depuis son annonce de candidature », confie un député LR. Cette option ne permet pas de résoudre la multiplication des candidatures en dehors de LR : celles provenant du bloc central macroniste, celle d’Eric Zemmour, ou encore celle de David Lisnard, qui a annoncé qu’il serait candidat si aucune primaire n’était organisée. L’élu LR soupire : « S’il y a plusieurs candidatures, ça nous condamne. Mais même en tentant d’être pragmatique, je ne vois pas d’option qui marche, c’est ça qui est terrible… »