Pourquoi le film « Obsession » ne fascine-t-il pas autant ?
Le film « Obsession » est sorti en France le 13 mai et a déjà dépassé les 150 millions de dollars de recettes mondiales. Curry Barker, le réalisateur de 26 ans, a évoqué le souhait que les spectateurs continuent de discuter du film après l’avoir vu.
Une obsession autour d’*Obsession* ? Depuis sa sortie en France, le 13 mai dernier, le film réalisé par Curry Barker suscite de nombreux commentaires. Les chiffres témoignent de cet engouement : tourné en seulement vingt jours avec un budget de 750 000 dollars, le film a déjà généré plus de 150 millions de dollars de recettes mondiales, devenant l’un des plus grands succès surprises de l’année.
Ce succès a même été souligné par Jason Blum, figure emblématique du cinéma d’horreur et producteur exécutif du film : *Obsession* est devenu le premier film d’horreur à grande diffusion à voir ses recettes augmenter de 30 % lors de son deuxième week-end d’exploitation, un phénomène très rare, selon *NBC News*. En outre, ce succès se reflète également sur les réseaux sociaux, où une frénésie s’est installée autour du film. « Ma page TikTok n’est plus composée que de réactions à *Obsession*. Je ne peux littéralement plus y échapper », a confié le réalisateur à *Cultured*.
### Le film indépendant qui déjoue les pronostics
Présenté au Festival international du film de Toronto, le long-métrage a provoqué une bataille d’enchères entre plusieurs studios avant d’être acquis par Focus Features pour 15 millions de dollars. Cela marque une ascension fulgurante pour Curry Barker, qui était encore principalement connu sur YouTube quelques mois auparavant. « C’était déjà complètement fou lorsque nous avons simplement été sélectionnés à Toronto », a-t-il raconté à *NBC News*.
Au vu de cet engouement, on pourrait penser que ce jeune réalisateur de 26 ans a également quelque chose de magique (à l’instar de Bear, un personnage du film). « J’aimerais que les gens, en quittant la projection, continuent de parler du film – qu’ils expriment ce qu’ils en ont pensé, comment ils auraient réagi à la place du protagoniste », explique Curry Barker dans une interview accordée à *20 Minutes*. Son souhait semble se réaliser.
### Le film est devenu un objet d’analyse
Depuis sa sortie, les vidéos explicatives, analyses psychologiques, théories, carrousels Instagram et critiques sur Letterboxd se multiplient. « Ça va marquer les gens, ça sera l’un des meilleurs films de l’année pour beaucoup de personnes, peut-être même moi inclus », témoigne le créateur de contenu Regelegorila dans une vidéo.
« Le pire avec *Obsession*, ce n’est pas le film, c’est les réactions. Le film montre surtout comment le personnage masculin la traite comme un objet qu’il veut posséder, pas comme une personne. Il profite d’elle émotionnellement et sexuellement », réagit de son côté @sonper. Sur X, @buggirl estime que le film est dérangeant parce qu’il expose l’égoïsme désinvolte d’un homme : « même un homme en qui vous avez confiance, même un homme que vous pensez être votre ami » pourrait chercher à empêcher une femme d’exercer son autonomie.
### Même le maquillage réalisé dans le film devient une tendance
Dans une scène marquante, Nikki, interprétée par Inde Navarrette, apparaît avec un visage profondément dérangeant. Des photos de tournage récentes ont révélé les coulisses de cet effet visuel qui a particulièrement frappé les spectateurs.
Comme l’explique le média spécialisé *Bloody Disgusting*, Curry Barker et son équipe ont utilisé une technique de maquillage inspirée de l’« uncanny valley », une tendance populaire sur TikTok. L’objectif était de donner aux traits de l’actrice un aspect subtilement inhumain, suffisamment discret pour troubler le spectateur sans que l’on comprenne immédiatement pourquoi. Aujourd’hui, cette technique a trouvé un écho : sur TikTok et Instagram, de nombreux utilisateurs tentent de reproduire ce maquillage devenu l’un des symboles visuels du film.
### Un film à voir, à interpréter
« Le film ne vous dit pas quoi penser. Il vous montre quelque chose et vous choisissez ce que vous ressentez », résume le jeune réalisateur dans une interview à *Cultured*.
Une chose est certaine : en ce milieu d’année 2026, le mythe du conte de fées prend un sacré coup de vieux. Entre *The Drama*, *Something Very Bad Is Going to Happen* et le récent *Obsession*, l’amour à l’écran donne presque le frisson. Fini les princes charmants et les idylles sucrées ; place aux passions toxiques, aux obsessions et à la déconstruction du grand amour. Ces nouvelles productions nous rappellent avec une sombre lucidité : l’adage « mieux vaut être seul que mal accompagné » n’a jamais été aussi vrai.

