
Polluants éternels : Rouen Normandie attaque BASF en justice
La métropole de Rouen Normandie a décidé d’agir en déposant une plainte contre BASF Agri Production le 30 juillet dernier, en raison de la présence de TFA, un polluant persistant, dans la Seine. Ce recours judiciaire a été officialisé par l’envoi d’un courrier au procureur de la République de Rouen, dans lequel la collectivité se constitue partie civile.
Cette plainte cible spécifiquement l’usine BASF située à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, au sud de Rouen. La métropole accuse ce site de rejets « massifs » de substances, notamment des PFAS et du TFA, avec des niveaux de concentration jugés préoccupants. Les allégations sont fondées sur des études menées par la Surfrider Foundation et l’association Générations Futures.
En réponse à ces accusations, BASF a déclaré à l’AFP qu’il n’était pas au courant de cette plainte, ayant été informé uniquement par les médias. La direction du site a affirmé son engagement à réduire les émissions de TFA dans l’eau, en respectant les normes établies par la Préfecture et la DREAL. L’entreprise a également souligné qu’elle avait réussi à diminuer ses rejets de plus de 90 %, tout en maintenant une activité industrielle significative. Il est à noter que cette usine, classée Seveso seuil haut, produit le Fipronil, un insecticide interdit en Europe mais encore exporté vers le Brésil.
Les préoccupations soulevées par la métropole incluent des dommages potentiels aux poissons et aux espèces protégées, ainsi qu’une pollution des eaux et de l’environnement. Bien que le TFA ne soit pas inclus dans les 20 PFAS soumis à des limites de concentration par l’Union européenne, plusieurs recherches mettent en lumière ses effets néfastes, notamment sur la reproduction.
D’après les informations fournies par la métropole, le Comité d’évaluation des risques de l’ECHA a rendu un avis en juin 2026, qualifiant le TFA de toxique pour la reproduction. Par ailleurs, l’Institut national de la santé publique et de l’environnement néerlandais a proposé une norme de 2,2 µg/L pour ce polluant dans le milieu naturel, un niveau qui serait près de 13 000 fois inférieur à celui mesuré en 2024 à la sortie de la station d’épuration de Saint-Aubin-lès-Elbeuf lors d’analyses.
