
« Pénalité maternelle » : un rapport sur l’impact de la maternité sur les carrières féminines
La maternité, loin d’être un simple événement personnel, a des répercussions significatives sur la carrière des femmes, comme le souligne un rapport publié ce mercredi par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Ce document met en lumière le concept de « pénalité maternelle », une situation qui impacte durablement les revenus, les opportunités de carrière et l’autonomie financière des mères.
Ce phénomène est en grande partie attribué à une répartition inégale des responsabilités parentales. En effet, après la naissance d’un enfant, les femmes sont plus susceptibles de réduire ou d’interrompre leur activité professionnelle. Les statistiques de l’Insee révèlent que 77,5 % des salariés à temps partiel sont des femmes. De plus, une étude de l’Ined indique qu’une proportion alarmante de 46 % des femmes âgées de 25 à 65 ans ressentent une charge mentale élevée, comparativement à seulement 30 % des hommes.
Les congés parentaux illustrent également cette inégalité, car ils sont majoritairement pris par les mères, souvent en raison des disparités salariales et du manque d’options de garde d’enfants. Bérangère Couillard, présidente du HCE, souligne que « dès la naissance, il existe une pénalité maternelle », notant que les filles sont souvent orientées vers des rôles de soin, ce qui influence leur parcours personnel et professionnel.
Les inégalités de genre se manifestent bien avant la maternité. Les jeunes filles sont souvent dirigées vers des activités de soin, tandis que les garçons sont encouragés à développer leur autonomie et leurs compétences techniques. Ces différences se traduisent par des choix de carrière qui privilégient des secteurs comme l’éducation, le soin, et les services sociaux.
Le rapport évoque également un « plafond de mère », une notion selon laquelle les salariées peuvent être perçues comme moins disponibles ou ambitieuses en raison de leur statut de mère ou de leur potentiel à le devenir. Bérangère Couillard insiste sur l’importance de reconnaître ce phénomène, qui a des implications non seulement individuelles mais aussi collectives, en limitant la participation des femmes dans le monde du travail et au sein de la société.
Pour remédier à ces inégalités, le HCE a formulé 45 propositions, dont l’une suggère qu’un mois de congé de naissance soit exclusivement pris par le second parent après le retour de la mère au travail. Le rapport préconise également des aménagements temporaires tels que le télétravail ou des horaires flexibles pour faciliter la réintégration des mères dans le monde professionnel. Ces recommandations visent à constituer un « socle de propositions » à soumettre aux candidats à la présidentielle de 2027 d’ici la fin de l’année.
