Paris : La rénovation de la Tour Montparnasse menacée par Xavier Niel
La rénovation de la Tour Montparnasse, qui devait initialement être terminée pour les JO de Paris 2024, pourrait encore être repoussée, selon des informations du Figaro. La première audience au tribunal judiciaire de Paris est prévue début septembre 2026, au moment où les travaux de rénovation étaient censés commencer.
Elle devait être prête pour les JO de Paris 2024, puis pour la fin de l’année 2024, et ensuite pour le second semestre 2026. La rénovation de la Tour Montparnasse, projet annoncé depuis plus d’une décennie et attendue depuis plusieurs mois par les copropriétaires, ainsi que depuis des années par les Parisiens, pourrait être de nouveau reportée en raison de l’intervention du milliardaire Xavier Niel et de ses partenaires, selon des informations du *Figaro*. Voici les détails.
### Un premier projet lancé en 2015… et sans cesse repoussé
Le projet de rénovation et de mise à niveau du quartier Montparnasse, situé à la croisée des 14e, 15e et 6e arrondissements, a été initié en 2015. Au cœur de ce projet, la Tour Montparnasse, le plus haut gratte-ciel de Paris intra-muros, doit devenir un édifice plus ouvert, plus lumineux et plus attractif.
En 2016, un concours international d’architecture a été lancé, avec un objectif de rénovation avant les Jeux olympiques de 2024. Le projet intitulé « Demain Montparnasse » a été retenu, et en juillet 2019, un permis de construire a été signé par la maire de Paris, Anne Hidalgo. Cependant, ce permis a fait l’objet d’un recours en annulation par deux associations, en raison de la surélévation du bâtiment. En 2021, le tribunal administratif de Paris a finalement validé le permis de construire, et tous escomptaient voir le début des travaux.
Cependant, le chantier ne commence pas, en raison de calculs complexes entre copropriétaires, d’ajustements techniques et de calendriers financiers. Les copropriétaires pensaient enfin s’engager avec un début de travaux prévu pour septembre 2026, sans imaginer alors que Xavier Niel pourrait provoquer un nouveau retard.
### Un bras de fer engagé par Xavier Niel
D’après *Le Figaro*, quatre copropriétaires, dont l’homme d’affaires Xavier Niel, ont assigné la copropriété au début du mois de mai. Niel, fondateur de Free, détient des parts de la Tour via la société SCI 41 Tour Montparnasse, dirigée par Frédéric Lemos, ancien président du conseil syndical de la tour. Ensemble, Niel et Lemos représentent un peu plus de 6 % des tantièmes de la tour, soit environ deux étages et demi sur les 59 niveaux du bâtiment.
Selon l’assignation analysée par nos confrères, le projet de rénovation empiéterait sur leurs lots. En effet, la création d’un escalier central prendrait « environ 28 m² » sur les 1.700 m² du 55e étage détenu par Xavier Niel, entraînant un préjudice similaire pour les autres copropriétaires plaignants.
Pour ces raisons, les quatre sociétés demandent l’annulation de plusieurs résolutions votées lors de l’assemblée générale des copropriétaires du 5 mars 2026, auxquelles elles avaient été opposées. La première audience au tribunal judiciaire de Paris est fixée pour début septembre, coïncidant avec le moment où les travaux de rénovation devaient initialement commencer, laissant les autres copropriétaires dans le désespoir.
### Des intentions cachées ?
Cependant, ces recours s’inscriraient, selon des copropriétaires interrogés par *Le Figaro*, dans une stratégie orchestrée par Xavier Niel et Frédéric Lemos pour « exercer une pression sur la copropriété en vue d’acquérir d’autres lots de manière forcée ». Le milliardaire, disposant déjà d’un empire immobilier, semblerait viser les lots détenus par La Financière Patrimoine d’Investissement (LFPI), qui possède 30 % de la tour.
Cette pression pourrait se manifester à différents niveaux, comme le laisse entendre le quotidien, incluant l’achat récent par le chanteur Vianney, proche de Frédéric Lemos, de 80 % du 43e étage au groupe Le Duff via sa société Edmond de Vayres, compromettant un projet de création d’un hôtel de luxe à cet étage et aux étages adjacents.
### Le projet de rénovation entièrement remis en cause ?
Pendant ce temps, le temps passe et, dans un courrier envoyé début de la semaine dernière aux copropriétaires, le syndic Esset exprime un pessimisme quant à la perspective de démarrer le chantier à l’heure. « À ce stade, les conditions de réalisation du projet […] ne sont pas réunies. Compte tenu du calendrier voté en assemblée générale, cette situation risque de compromettre le projet. » Une nouvelle assemblée générale est prévue en juin ou en juillet pour voter le lancement effectif des travaux.
Selon *Le Figaro*, parmi les 34 copropriétaires, 17 ont signé et 4 ont donné leur accord de principe. Huit copropriétaires ont mis leurs lots en vente, et un autre n’a pas répondu. Reste alors l’accord des 4 copropriétaires représentés par Frédéric Lemos et désormais celui de Vianney (1,98 %).
Si les travaux ne commencent pas avant la date limite du permis de construire, fixée au 26 novembre 2026, la copropriété devra déposer une nouvelle demande de permis. « Il faudrait 3 ans pour déposer un nouveau permis de construire, et nous devrions modifier le projet pour qu’il soit conforme au nouveau PLU bioclimatique de la ville de Paris », explique un copropriétaire au quotidien. De plus, le coût final du projet, déjà estimé à près de 727 millions d’euros hors taxes, pourrait considérablement augmenter.

