Tunisie

WUF13 d’ONU-HABITAT : La Tunisie ne participe pas à Bakou aux débats sur l’avenir des villes

La Tunisie participe à la treizième édition du World Urban Forum (WUF13), organisée du 17 au 22 mai 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan, sous l’égide d’ONU-Habitat. Selon les organisateurs, plus de 45 000 participants en provenance de 182 pays prennent part aux différentes activités du forum.


La Tunisie participe à la treizième édition du World Urban Forum (WUF13), qui se déroule du 17 au 22 mai 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan, sous l’égide d’ONU-Habitat. Cet événement intervient dans un contexte international marqué par des défis croissants liés à l’urbanisation, au logement et à la résilience climatique.

Considéré comme la principale plateforme mondiale dédiée au développement urbain durable, le World Urban Forum réunit des gouvernements, des collectivités locales, des organisations internationales, des urbanistes, des experts, des investisseurs et des représentants de la société civile autour des grandes transformations redéfinissant les villes du XXIe siècle.

L’édition de Bakou adopte le thème : “Loger le monde : des villes et des communautés sûres et résilientes”, en se concentrant spécifiquement sur la crise mondiale du logement, les politiques urbaines inclusives, l’adaptation climatique, la reconstruction des territoires vulnérables et le financement des infrastructures durables.

D’après les organisateurs, plus de 45 000 participants venus de 182 pays prennent part aux diverses activités du forum, qui incluent des dialogues ministériels, des conférences thématiques, des expositions urbaines, des rencontres techniques et des plateformes de coopération internationale.

La délégation tunisienne, dirigée par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, comprend plusieurs responsables du ministère ainsi que des représentants d’ONU-Habitat Tunisie, tels que Najeh Karbia, cheffe d’unité au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Aïda Robbana, responsable du bureau d’ONU-Habitat en Tunisie, Majdi Frihi, chef de projet, Asma Shili, chargée de communication, et Mariem Rekik, assistante de programme.

La participation de la Tunisie se situe dans un contexte où le pays est confronté à des enjeux urbains et territoriaux croissants, notamment la pression démographique sur les villes, l’habitat informel, la mobilité urbaine, les besoins en infrastructures, la transition énergétique des bâtiments et l’adaptation aux changements climatiques.

Par sa présence au WUF13, la Tunisie vise à renforcer son intégration dans les dynamiques internationales en matière de développement urbain durable, tout en mettant en avant ses expériences et ses projets en matière de logement, d’aménagement du territoire et de gouvernance urbaine.

Le forum constitue également une occasion stratégique pour développer des échanges avec des partenaires internationaux, des institutions financières et des agences des Nations unies autour des mécanismes de financement, des innovations urbaines et de nouvelles approches de planification urbaine.

La cérémonie d’ouverture du WUF13 a été marquée par l’intervention du président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, qui a souligné les ambitions urbaines de son pays ainsi que les projets de reconstruction entrepris dans plusieurs régions.

Le chef de l’État a précisé que plus de 45 000 participants provenant de 182 pays étaient inscrits pour cette édition, qu’il a qualifiée d’un des événements internationaux les plus significatifs accueillis par l’Azerbaïdjan ces dernières années. Dans son discours, Ilham Aliyev a présenté Bakou comme un exemple d’équilibre entre patrimoine historique et modernisation urbaine, mentionnant l’architecture de la vieille ville, les bâtiments historiques du XIXe siècle et les nouveaux aménagements urbains du front de mer.

Il a également insisté sur les programmes de reconstruction menés dans le Karabakh et le Zanguezour oriental après plusieurs décennies de conflit, affirmant que des infrastructures routières, des écoles, des hôpitaux, des ponts et des aéroports avaient été réalisés dans le cadre d’un vaste programme de réhabilitation territoriale.

Selon lui, la planification urbaine est désormais une priorité stratégique pour l’Azerbaïdjan, 2026 ayant été proclamée “année de la planification urbaine”.

Le thème du logement a largement dominé les interventions des responsables onusiens présents à Bakou.

Dans une allocution vidéo, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a alerté sur l’ampleur de la crise mondiale du logement, rappelant que près de trois milliards de personnes vivent actuellement dans des conditions inappropriées, souvent dans des quartiers informels ou des bidonvilles.

“Le logement est un droit humain fondamental”, a affirmé António Guterres, appelant les gouvernements à placer cette question au centre des politiques de développement durable.

Le chef de l’ONU a également souligné que la crise du logement touche maintenant également les pays en développement et les économies avancées confrontées à la hausse des loyers et du coût de la vie.

Dans une autre intervention, la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, a indiqué que plus de 1,1 milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des quartiers informels ou dans des conditions précaires. Elle a averti que l’absence de logements sûrs accentuerait les inégalités, l’insécurité, les vulnérabilités sanitaires et les risques liés aux catastrophes climatiques.

Selon elle, la crise du logement nécessite une approche globale reliant urbanisme, infrastructures, services essentiels, résilience climatique, financement et planification inclusive. Elle a insisté sur le rôle des collectivités locales, des communautés, de la société civile, du secteur privé et des habitants eux-mêmes dans la construction de villes durables et inclusives. Elle a également rappelé que le Nouvel Agenda urbain reste la feuille de route internationale de référence pour promouvoir des villes “inclusives, sûres, résilientes et durables”.

Dans le même esprit, la directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anaclaúdia Rossbach, a plaidé pour une accélération de la mise en œuvre du Nouvel Agenda urbain adopté par les Nations unies. Elle a rappelé que plus d’un milliard de personnes vivent encore sans accès adéquat à l’eau, à l’assainissement, à l’électricité ou à des logements décents.

Elle a ajouté que les crises climatiques, les conflits et les déplacements forcés aggravent les fractures urbaines et renforcent les inégalités sociales dans de nombreuses villes du monde.

“Les villes ne peuvent prospérer lorsque les systèmes de logement s’effondrent”, a-t-elle déclaré, estimant que les politiques de logement et l’action climatique devraient désormais être pensées conjointement.

Par ailleurs, la directrice exécutive d’ONU-Habitat a indiqué que la forte participation au WUF13 témoignait d’une reconnaissance croissante du rôle stratégique du logement et du développement urbain dans la stabilité économique, l’inclusion sociale et la résilience climatique.

Elle a salué les initiatives prises dans plusieurs régions du monde, évoquant notamment les programmes africains d’amélioration des quartiers informels et des infrastructures, les politiques asiatiques de logement à grande échelle, les projets de logement social en Amérique latine ainsi que les réformes du marché immobilier en Europe et en Amérique du Nord. Selon elle, la crise mondiale du logement est également “une crise d’équité, de résilience et de droits humains”.

Anaclaúdia Rossbach a également insisté sur le lien étroit entre politiques du logement et action climatique, déclarant que les deux dimensions ne pouvaient plus être traitées séparément. “La résilience commence chez soi”, a-t-elle affirmé, ajoutant que les logements construits aujourd’hui devraient être capables de répondre aux réalités climatiques de demain. Elle a également appelé à repenser les mécanismes financiers liés au logement afin de privilégier les besoins sociaux plutôt que la spéculation immobilière et a assuré que le WUF13 devrait permettre de transformer les engagements internationaux en politiques concrètes, investissements et partenariats opérationnels.

De son côté, le ministre malaisien du Logement et des Collectivités locales, Nga Kor Ming, également président en exercice de l’Assemblée d’ONU-Habitat, a appelé à promouvoir un urbanisme plus centré sur l’humain.

Il a évoqué que la crise mondiale du logement représente un défi économique, social et climatique majeur nécessitant davantage de coopération internationale.

Le responsable malaisien a tout particulièrement mis en avant l’expérience de son pays en matière de logement abordable et de politiques environnementales, tout en appelant à renforcer les investissements dans des infrastructures résilientes face aux changements climatiques. “Le futur appartient à ceux qui le construisent”, a-t-il déclaré devant les participants du forum.

Il convient de noter que le WUF13 intervient à un moment crucial pour l’agenda urbain international, marqué par l’évaluation à mi-parcours du Nouvel Agenda urbain des Nations unies pour la période 2026-2036.

Les discussions de Bakou devraient ainsi contribuer à préparer les prochaines réunions internationales consacrées à l’urbanisation durable et aux Objectifs de développement durable (ODD).

Au-delà des déclarations politiques, le forum ambitionne surtout d’émerger des solutions concrètes en matière de logement abordable, de résilience climatique, de mobilité durable, de villes intelligentes et d’inclusion territoriale.