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Paraguay – France : « On sait faire la guerre »… Les Bleus ne craquent pas face à l’Albirroja

Les supporteurs des Eagles ont assisté le samedi 5 octobre à un huitième de finale de Coupe du monde entre la France et le Paraguay. Rayan Cherki a déclaré en zone mixte : « On était préparés à ça, ça fait quelques jours que le coach nous expliquait que la qualité principale du Paraguay, c’était de faire la guerre, de faire sortir les joueurs adverses de leur match. »

De notre envoyé spécial à Philadelphie,

Les habitués du Lincoln Financial Field ont été comblés. Accoutumés à des matchs palpitants de la NFL avec leur équipe des Eagles, les supporters américains ont eu droit à un spectacle intense, samedi, lors du huitième de finale de Coupe du monde entre la France et le Paraguay. Pas de casques ni de protections cette fois, mais comme l’a souligné Bradley Barcola, des tacles sur les tibias et des coups de coude…

Ils étaient avertis. Cinq jours après avoir éliminé l’Allemagne d’une manière similaire, bien que moins violente, les Paraguayens ont montré leur meilleur atout face aux Bleus : la garra guarani ou « faire la guerre », comme l’a rappelé Rayan Cherki après la qualification des Tricolores pour les quarts de finale du Mondial. Non, l’Albirroja n’était pas là pour jouer au foot, elle visait simplement à déstabiliser les Français avec ce « jeu » axé sur l’agressivité et l’engagement.

Au Paraguay, « le ballon passe, pas le joueur »

Avec un bloc très compact, les hommes de Gustavo Alfaro ont brillamment défendu pendant une longue période, même s’ils ont souvent eu recours à des gestes discutables pour contrer les attaquants français rapides et techniques, comme ce coup de coude de Matias Galarza sur Kylian Mbappé, qui n’a pas été sanctionné par l’arbitre. Une approche singulière du football a été mise en avant par le gardien Orlando Gill, auteur de plusieurs arrêts décisifs, qui a déclaré après le match :

« C’est le football, si on n’est pas habitués à ça, qu’est-ce qu’on peut y faire ? Le Paraguay est comme ça, une sélection rude, qui est au-dessus au niveau physique. Dès les premières minutes de jeu, il fallait se montrer sur le terrain, être dur sur l’homme et que si le ballon passait, le joueur non. »

Effectivement, plusieurs fois, les joueurs français n’ont pas réussi à passer. Si, au début de la rencontre, ce « folklore » amusait certains, il a rapidement généré de la frustration. Bien que les joueurs français aient montré des signes d’agacement, se plaignant souvent à l’arbitre dont les décisions leur semblaient défavorables, ils sont parvenus à rester concentrés sur leur match, grâce à une préparation spéciale pour faire face à de telles situations.

Kylian Mbappe face à Juan José Caceres.
Kylian Mbappe face à Juan José Caceres. - HMB Media/ Marco Bader/Sipa USA/SIPA

« On était préparés à ça, ça fait quelques jours que le coach nous expliquait que la qualité principale du Paraguay, c’était de faire la guerre, de faire sortir les joueurs adverses de leur match, a souligné Rayan Cherki en zone mixte. On était prêts, on avait envie de rappeler à tout le monde que nous aussi, on savait faire la guerre. »

« S’il faut mettre les mains dans la merde… »

« On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif, a développé Mbappé sur M6. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Ils pensaient qu’on allait venir jouer en smoking, qu’on allait juste venir faire des belles actions et des une-deux. Nous, on sait aussi faire le sale football. On a gagné et même là-dedans, on a été meilleurs qu’eux. »

En plus de relever le défi physique des Paraguayens, dont la simple apparence pouvait déjà intimider, les Bleus ont réussi à rester calmes. Bradley Barcola a raconté que ses chevilles avaient été mises à l’épreuve par les Paraguayens. « Avec tous les coups que j’ai reçus, il ne fallait pas que je réponde, que je rentre dans ce jeu-là, a expliqué BB. C’était très compliqué, mais c’était une bonne expérience. » Peu importaient les coups et les provocations constantes, rien ne pouvait détourner les Bleus de leur objectif.

Pas même avec ce début d’échauffourée, provoqué bien sûr par l’Albirroja lors de la pause hydratation de la seconde période. Un petit attroupement s’est formé, les Paraguayens venant directement s’en prendre à Mbappé. Mais tout a fini par se calmer et les Bleus ont retrouvé leur sang-froid, grâce à une intervention salvatrice de Didier Deschamps.

« On menait et il ne fallait pas entrer dans le jeu du Paraguay, sinon on ne peut pas s’en sortir, a relaté le sélectionneur en conférence de presse après le match. Il ne fallait surtout pas faire de gestes ou quoi que ce soit. J’ai monté le ton car on pouvait exciter le Paraguay encore plus, et on n’avait pas besoin de ça. Ce n’est pas facile, mais on l’a fait, on a gardé nos nerfs et c’est l’essentiel. »

Des joueurs en agents de sécu pour Mbappé

Les Bleus ont même su rendre leurs adversaires un peu plus fous en répondant aux provocations par des sourires, ce qui a encore agacé les Paraguayens. Comme lorsque Ousmane Dembélé a joué les gardiens pour éviter que les Sud-Américains ne transforment le terrain en champ de patate ou lorsque Kylian Mbappé a provoqué des rires en récupérant une faute sur le côté, suite à un contact avec Matias Galarza et Juan José Caceres, qui lui avaient déjà porté quelques atteintes quelques minutes auparavant.

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Une stratégie risquée, compte tenu du fait que les joueurs de l’Albirroja pourraient se venger après le match. Mais Didier Deschamps avait anticipé ce risque. « J’ai demandé aux deux joueurs les plus costauds sur le banc qu’ils aillent tout de suite le (Mbappé) protéger à la fin parce qu’on ne sait jamais. » Une précaution que les Paraguayens n’avaient pas suspectée.