Meurtres dans la Sarthe : condamnation de Dany Leprince annulée, nouveau procès.
La Cour de révision a annulé ce jeudi la condamnation de Dany Leprince et ordonné un nouveau procès. En 1997, Dany Leprince avait été condamné à la perpétuité pour le quadruple meurtre de Christian Leprince, sa femme et deux de leurs filles dans la Sarthe.
Nouveau développement dans l’affaire des quadruples meurtres en Sarthe. La Cour de révision a annulé ce jeudi la condamnation de Dany Leprince et a ordonné un nouveau procès.
En 1997, Dany Leprince avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour le quadruple meurtre de Christian Leprince, de sa femme et de deux de leurs filles dans la Sarthe.
Deux éléments récents, non présentés lors du précédent procès aux assises de Dany Leprince, ont conduit la Cour à requérir ce nouveau procès.
Le premier élément concerne le comportement de Solène, deux ans et un mois au moment des meurtres, la seule survivante de la tragédie. « Au cours de l’enquête, le comportement et les déclarations de l’enfant mettaient en cause le condamné », précisent les juristes de la Cour dans un communiqué diffusé par 20 Minutes. Après la condamnation, il a été établi que la nourrice de l’enfant était proche d’un gendarme ayant participé à l’enquête, laissant supposer que l’enfant avait pu être influencée par des conversations d’adultes. De plus, les résultats d’un examen médical pratiqué sur elle avant la condamnation orientaient vers cette possibilité, mais ces informations n’avaient pas été transmises à la cour d’assises.
Le second élément concerne des déclarations de l’ex-épouse de Dany Leprince. « Lors de l’instruction, l’épouse du condamné avait été placée en garde à vue et entendue », rappellent les juristes. Quelques mois plus tard, elle avait déclaré ne plus pouvoir répondre à certaines questions, en raison de pertes de mémoire, principalement sur ses actes la nuit du drame. Des experts psychologues ont régulièrement constaté après la condamnation qu’elle ne présentait aucun problème de mémoire, concluant à une possible simulation. Cela remet en question l’évaluation de la sincérité de son témoignage par la cour d’assises.
Ces deux éléments « fragilisent les fondements sur lesquels la cour d’assises s’est appuyée pour déclarer l’accusé coupable » et « suscitent un doute sur la culpabilité du condamné », selon la Cour de révision.
En février, le procureur général à la Cour avait plaidé pour un nouveau procès : « Il semble indispensable d’entamer de nouveaux débats contradictoires en raison des éléments nouveaux et inconnus désormais examinés par la Cour de révision, qui doivent être confrontés aux zones d’ombre persistantes du dossier ».
Le magistrat avait donc demandé à la Cour de révision de prendre cette décision exceptionnelle. « Il ne s’agit pas de présupposer l’innocence de Dany Leprince, mais de permettre à une nouvelle cour d’assises de juger en toute plénitude », avait-il ajouté.
