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L’Europe souhaite-t-elle faire du Rwanda le hub de ses migrants expulsés ?

Le Rwanda se positionne comme un potentiel pays de transit pour les migrants que certains États européens envisagent d’expulser. Cette initiative a été révélée par le gouvernement rwandais, qui a indiqué avoir engagé des « discussions préliminaires » avec plusieurs nations du vieux continent.

En 2022, Kigali avait déjà signé un accord migratoire avec le Royaume-Uni, alors dirigé par Boris Johnson, qui souhaitait renvoyer des migrants arrivés illégalement sur son territoire vers le Rwanda. Toutefois, cette politique a été fortement critiquée et déclarée « illégale » par la Cour suprême britannique. À son arrivée au pouvoir en 2024, le nouveau Premier ministre travailliste, Keir Starmer, a rapidement déclaré cet accord « mort et enterré ».

Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a précisé à l’AFP que bien que des discussions soient en cours, aucun accord définitif n’a encore été établi. Elle a également été interrogée sur un éventuel accord avec l’Italie, mais a confirmé qu’il n’y avait « pas d’accord » à ce stade, seulement des « discussions ».

Parmi les options envisagées, le Rwanda pourrait utiliser son centre de transit d’urgence à Gashora, qui a déjà accueilli des milliers de migrants bloqués en Libye depuis 2019. Ce centre a permis de sauver de nombreuses vies, et selon Makolo, il pourrait offrir aux familles des soins médicaux, une formation et un lieu de repos. Elle a ajouté que les demandes d’asile y seraient traitées, permettant aux migrants de retourner dans leur pays d’origine si la situation le permet, ou d’être réinstallés ailleurs.

Cette initiative rwandaise s’inscrit dans un contexte plus large, alors que le Parlement européen a approuvé en juin un règlement concernant le retour des migrants déboutés du droit d’asile. Ce règlement ouvre la voie à des accords entre les États membres pour établir des centres de rétention en dehors des frontières de l’Union européenne, ce qui suscite des préoccupations parmi les défenseurs des droits de l’homme. En avril, l’AFP avait rapporté que plusieurs pays européens, dont le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas, envisageaient de tels accords avec une dizaine de pays, dont le Rwanda.