Algérie

« Prudence requise concernant les freins : Nouveaux détails du drame de Boumerdès par le Parquet »

Le procureur général de la cour de Boumerdès a récemment présenté les résultats préliminaires d’une enquête sur un tragique accident de bus survenu le 31 juillet 2026, qui a entraîné la mort de 28 personnes et blessé plusieurs autres. Les investigations mettent en lumière des éléments préoccupants, notamment une vitesse excessive, la présence de stupéfiants chez le conducteur et des manquements administratifs.

Lors d’une conférence de presse, le procureur a exposé les conclusions de cette enquête, réalisée en collaboration avec le commandant du groupement territorial de la Gendarmerie nationale. L’accident, survenu lors d’un transport de voyageurs, a suscité une réaction rapide du parquet, qui a ordonné une enquête approfondie. Les corps des victimes ont été autopsiés et identifiés avant que les permis d’inhumer ne soient remis à leurs familles.

Les premières investigations révèlent que l’excursion avait été organisée de manière informelle, principalement via les réseaux sociaux. Le chauffeur a rassemblé les passagers le matin même de l’accident, après avoir effectué un trajet vers la wilaya de Jijel la veille. Le bus, utilisé pour le transport universitaire pendant l’année scolaire, était également exploité pour des excursions touristiques durant l’été. Il a été établi que le conducteur, D. Oussama, n’avait aucun contrat avec les propriétaires du véhicule et n’était rémunéré que pour sa conduite. De plus, il s’agissait de son premier passage sur la route où l’accident a eu lieu.

L’accident a eu lieu dans la descente d’El Karma. Les constatations effectuées n’ont révélé ni défaillance de la route, ni présence d’huile, et les panneaux de signalisation étaient en place. Les conditions météorologiques étaient favorables. L’expertise technique du bus, mis en circulation en 2011, a montré qu’il circulait à une vitesse de 121,63 km/h au moment de l’accident. Bien que les pneus soient en bon état, des défaillances au niveau du système de freinage ont été identifiées, ainsi que des dommages internes causés par le choc.

Des analyses ont également révélé la présence de substances stupéfiantes dans l’organisme du chauffeur. L’examen de son téléphone portable a mis en lumière des enregistrements vocaux datant de quelques jours avant l’accident. Dans un message, il avait averti qu’il fallait « être prudent avec les freins jusqu’à samedi », et un autre enregistrement mentionnait son besoin de « deux pilules de Saroukh (prégabaline) ».

L’enquête, menée par la brigade de recherches de la Gendarmerie nationale sous la supervision du parquet, a conduit à l’audition de plusieurs personnes et à des expertises médicales et techniques. Suite à ces investigations, le juge d’instruction du tribunal de Boumerdès a ordonné la détention provisoire de trois individus : L. K, propriétaire de l’agence, ainsi que E.Y. et A.Y, copropriétaires du bus. L’instruction judiciaire se poursuit afin de déterminer les responsabilités pénales dans cette affaire tragique.