L’accès à la nature reste inégal socialement et territorialement.
71 % des Français affirment que la nature les aide à aller mieux lorsqu’ils sont stressés ou anxieux. De plus, 12 % des Français ne mettent jamais les pieds dans la nature, tandis que 24 % citent le « manque de temps » comme excuse numéro un.
La nature, ça vous attire ? Oui… mais non. C’est ce que semble indiquer un sondage Ifop pour AllTrails, l’application et site dédiée aux randonnées et activités en plein air. Bien que la majorité des Français reconnaisse les bienfaits du temps passé dans la nature, une part significative d’entre eux s’en éloigne. Quelles en sont les raisons ? 20 Minutes a interrogé Mélusine Martin, sociologue de l’environnement, chercheuse à la Sorbonne et auteur du livre Se reconnecter à la nature (Larousse), pour analyser les résultats de cette enquête.
Une fois par mois peut suffire
« Sentiment de liberté et d’évasion » ; « meilleure forme physique » ; « diminution du stress et de l’anxiété » ; « amélioration de l’humeur »… jusqu’au « sentiment plus fort de connexion avec les autres » : les Français le reconnaissent, les bénéfices liés au temps passé en nature sont nombreux. Étonnant ? Pas vraiment. Nous sommes 71 % à affirmer que la nature nous aide à aller mieux lorsque nous sommes stressés ou anxieux. À 83 %, nous estimons même qu’un seul contact mensuel avec la nature est bénéfique, selon le sondage réalisé par Ifop pour l’application AllTrails*. AllTrails présente notamment 500.000 itinéraires et permet de préparer ses sorties en plein air.
« Depuis la fin des années 1990, la science véhicule le message des bienfaits de la nature sur la santé et je constate qu’il est désormais ancré dans l’esprit des gens », se félicite Mélusine Martin, sociologue de l’environnement et chercheuse à la Sorbonne.
Un accès inégal à la nature
Ainsi, nous serions 41 % à passer au moins une fois par semaine du temps dans des environnements naturels : 36 % dans l’agglomération parisienne ; 38 % dans les communes urbaines de province, et 55 % dans les communes rurales. « Cela montre que l’accès à la nature reste socialement et territorialement inégal », analyse Mélusine Martin à propos de l’enquête pour AllTrails.
La question se pose alors : bénéficie-t-on des mêmes atouts en étant immergé dans la nature au quotidien, par exemple en vivant à la campagne ? « Il y a forcément des bénéfices supplémentaires », reconnaît la sociologue. Cependant, selon Mélusine Martin, « lorsque l’on va au contact de la nature de manière intentionnelle, cette connexion consciente va décupler les effets et les bienfaits ». À bon entendeur…

Cependant, l’étude révèle également que 12 % des Français ne mettent jamais les pieds dans la nature (20 % admettent le faire quelques fois par an seulement). Quels sont les obstacles mentionnés ? « Le manque de temps » !
24 % des personnes interrogées par Ifop pour AllTrails évoquent cet argument comme la principale raison. « Ce « manque de temps » révèle surtout un blocage mental : la conviction que, pour que la nature « compte », il faut y consacrer une journée entière, prendre sa voiture, organiser une vraie sortie. C’est le mythe de la montagne lointaine », décrypte Mélusine Martin.
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Du bienfait des fonds d’écrans
Dès lors, ce « manquement de temps » est-il une fausse (bonne) excuse ? Selon la sociologue interrogée par 20 Minutes, le contact avec la nature peut prendre de nombreuses formes : forêt, mer, montagne, mais aussi « la nature urbaine, les parcs et jardins, les allées de platanes, les plantes d’intérieur et les animaux de compagnie ». « Selon les études, les environnements verts ont un effet global sur la santé physique et mentale, tandis que les environnements aquatiques auraient plutôt un impact psychologique », ajoute la chercheuse. Elle précise même : « La science révèle qu’un fond d’écran d’ordinateur avec une image de plage peut avoir un impact positif sur le stress d’une personne ! », bien que ces effets soient moindres.

Par conséquent, petite prescription pour ceux qui n’ont pas le temps (ou ne prennent pas le temps) de se connecter à la nature : « 20 minutes seulement passées à marcher dans un parc urbain réduisent le stress. Cela agit sur le corps et l’esprit aussi efficacement que le même temps passé sur un chemin de campagne », conseille Mélusine Martin. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour se « re »connecter ?
* Réalisé auprès d’un échantillon de 1.047 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, les 4 et 5 février 2026.

