La Banque de France abaisse sa prévision de croissance pour 2026.
La Banque de France a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 % du PIB, contre 0,9 % auparavant. Elle prévoit également une inflation à 2,5 % en 2026, tirée par la hausse des prix de l’énergie.
Le signal est préoccupant pour l’économie française. La Banque de France a considérablement réduit, mardi, sa prévision de croissance pour 2026, désormais fixée à seulement 0,5 % d’augmentation du PIB, contre 0,9 % précédemment anticipés en mars. De plus, elle prévoit une stagnation de la croissance au deuxième trimestre, suite à un recul inattendu de 0,1 % au premier trimestre.
« Le prix du pétrole a augmenté plus que dans les hypothèses de notre scénario de base de mars. Mais surtout, l’activité s’est révélée moins résiliente que prévu au premier trimestre 2026 », explique l’institution. Par conséquent, l’activité « devrait rester relativement atone au deuxième trimestre ». En d’autres termes, l’économie patine.
Ces nouvelles prévisions interviennent dans un climat de tensions. « Réalisées dans un environnement international particulièrement incertain », elles ne prennent même pas en compte certains événements récents, comme l’éventualité d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Cela renforce encore les incertitudes. L’écart se creuse également avec les autres anticipations : le gouvernement vise toujours une croissance de + 0,9 % pour 2026, tandis que le FMI se montre moins optimiste avec une prévision de 0,7 %. La Banque de France apparaît aujourd’hui comme la plus pessimiste concernant la trajectoire économique.
Par ailleurs, l’inflation regrimpe. La Banque de France anticipe désormais une inflation à 2,5 % en 2026 (contre 1,7 % prévu en mars), « tirée par la hausse des prix de l’énergie et ses effets indirects ». Ce facteur clé pèse sur le pouvoir d’achat. Dans un scénario central, l’inflation devrait ensuite ralentir, atteignant 1,7 % en 2027 et 2028, avec une détente attendue des prix de l’énergie. Toutefois, à court terme, la pression reste forte, dans un contexte déjà marqué par des tensions sur les coûts.
La Banque de France se montre néanmoins un peu plus optimiste pour la suite. Elle annonce un « rebond » de la croissance à 0,9 % en 2027, puis 1,2 % en 2028. Cette reprise serait encouragée par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Cependant, ce scénario dépend de nombreux facteurs. L’institution évoque plusieurs hypothèses, allant d’une amélioration rapide des prix de l’énergie à des scénarios plus pessimistes en cas de tensions durables sur les marchés.
Concernant les finances publiques, la situation demeure fragile. Le déficit « pourrait se dégrader légèrement en 2026 », atteignant 5,2 % du PIB, après 5,1 % en 2025, et cela « en l’absence de mesures d’économies supplémentaires ». En conséquence, le redressement des comptes publics serait « limité » et la dette continuerait de croître. Elle pourrait atteindre 122 % du PIB en 2028, un niveau qui suscite des inquiétudes sur la trajectoire budgétaire à moyen terme.
Enfin, les indicateurs conjoncturels confirment le ralentissement. L’enquête réalisée auprès de 8 500 chefs d’entreprise révèle un net coup de frein dans l’industrie, ainsi qu’une baisse dans les services et le bâtiment. La seule note positive serait une légère amélioration attendue en juin. Cependant, de manière générale, l’activité reste fragile.
