France

Incendie : « La Gironde ne fait pas face à un risque sévère »

Le département de la Gironde a basculé en vigilance orange canicule ce lundi midi, avec des températures dépassant déjà 35 °C et des pointes au-delà de 40 °C attendues mardi. Durant la canicule de juin, le Sdis de la Gironde a effectué plus de 500 interventions de secours et d’assistance aux personnes, battant un record historique au niveau du Sdis 33.

Une alerte maximale est en vigueur pour les feux de forêt en Gironde. Le département a récemment été placé en vigilance orange canicule, ce lundi à midi. Les températures dépassent déjà largement les 35 °C, avec des pics attendus au-delà de 40 °C mardi.

Ce phénomène survient après une canicule historique en juin, qui a duré au total quatorze jours. Avec une quasi-absence de précipitations pendant près de deux mois, la sécheresse des sols atteint déjà un niveau préoccupant. Cela représente un risque accru pour les incendies de forêt, dans un département déjà éprouvé par de grands incendies en 2022, ayant détruit environ 30.000 hectares.

Lors de la canicule de juin, les pompiers de la Gironde sont déjà intervenus à de multiples reprises pour des feux de forêt. - Sdis 33

20 Minutes a interrogé Marc Vermeulen, directeur du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) de la Gironde, pour faire le point sur la situation.

Nous entrons ce lundi dans un nouvel épisode caniculaire en Gironde. Comment appréhendez-vous la situation ?

La saison est pratiquement un mois en avance, car nous constatons un comportement de la végétation, notamment des fougères dans nos massifs forestiers, qui correspond à un début de mois d’août. La vigilance est ainsi renforcée, car la règle des « trois trente » est malheureusement d’actualité : des températures au-dessus de 30 °C, des rafales de vent dépassant les 30 km/h, et un taux d’humidité inférieur à 30 %. De ce fait, un dispositif « sévère » a été mis en place pour l’ensemble du département, au moins jusqu’à la fin de la semaine, et un dispositif « très sévère » ce lundi et mardi dans le Médoc, en raison d’une situation particulière dans cette zone.

Cette nouvelle alerte intervient après un mois de juin déjà très chargé pour vos services…

Oui, la saison a démarré très tôt pour nous. Pendant la canicule de juin, nous avons réalisé plus de 500 interventions de secours et d’assistance aux personnes, établissant un record historique pour le Sdis 33. Nous avons mobilisé jusqu’à 230 sapeurs-pompiers dans le massif en pleine canicule, afin d’intervenir rapidement. De plus, nous avons géré un feu industriel chez Smurfit à Biganos, tout en apportant un renfort dans le Lot-et-Garonne.

Combien de pompiers sont déployés actuellement en raison de ce nouveau risque ?

Le dispositif de garde normal compte environ 200 pompiers, auxquels s’ajoute un dispositif préventif, atteignant jusqu’à 230 pompiers dans le massif forestier. Nous avons également 87 saisonniers pour renforcer les centres de secours littoraux, dédiés au secours à personne.

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Qu’est-ce qui a changé depuis les grands incendies de 2022 ? Y a-t-il plus de prévention et de surveillance ?

Beaucoup de choses ont évolué. Une véritable prise de conscience nationale s’est produite concernant le risque des feux de forêt. Nous disposons désormais de moyens aériens pré-positionnés à Mérignac (Gironde), l’État ayant loué des avions, dont un Dash et six Air Tractor d’ici à la mi-juillet, permettant d’effectuer une attaque massive sur les feux naissants. De plus, le Sdis de la Gironde a loué un hélicoptère bombardier d’eau pour la saison, également pré-positionné à Jonzac (Charente-Maritime). Au sol, nous avons ce dispositif préventif qui s’ajoute aux patrouilles de l’ONF (Office national des forêts) et de la DFCI (Défense des forêts contre les incendies).