France

Incendie en Gironde : retour du masque FFP2 à Bordeaux, « On en distribue deux par personne »

Dans les rues de Bordeaux, mercredi soir, les passants ont ressorti un accessoire devenu familier : un masque FFP2. Ce petit morceau de tissu blanc, ajusté sur le visage, n’avait pas été utilisé en si grand nombre depuis la pandémie de Covid-19.

Depuis le début de l’incendie en Gironde, survenu le 22 juillet, la ville du Sud-Ouest est souvent enveloppée d’un ciel brumeux. La qualité de l’air fluctue selon les conditions météorologiques, mais l’odeur de fumée semble particulièrement forte en soirée. « Quand on sort de chez nous, c’est toujours surprenant, et puis on finit par ne même plus la sentir », confie Maurine, une jeune femme d’une vingtaine d’années. Malgré des odeurs jugées « supportables » et « passagères », elle a choisi de se rendre à la pharmacie le matin pour acheter un masque.

Le week-end dernier, Cécilia a également fouillé dans ses tiroirs pour trouver un masque FFP2, sans succès. « Je n’en avais pas eu l’utilité depuis le Covid », déclare-t-elle. En attendant, la Girondine a opté pour un masque chirurgical « sans grande conviction » quant à son efficacité. « Il n’est pas totalement inutile », précise une pharmacienne du centre-ville. « Il peut masquer l’odeur des fumées, mais il laisse tout de même passer quelques particules. »

Les particules présentes dans l’air actuellement ne sont pas sans danger. « Les incendies de forêts génèrent des nuages de fumée qui peuvent se déplacer et diffuser des particules (PM2,5 et PM10) », rappelle le ministère de l’Action et des comptes publics. Ces particules « présentent des risques pour la santé par inhalation, ingestion ou voie cutanée. »

Dans ce contexte, « 5 millions de masques […] ont été livrés dans les pharmacies » situées à proximité des incendies, a annoncé mercredi sur BFMTV la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Les pharmacies ont été approvisionnées en priorité avec des masques FFP2 destinés aux personnes vulnérables, telles que les enfants de moins de 5 ans, les adultes de plus de 65 ans et les patients souffrant de troubles respiratoires. « On en distribue deux par personne gratuitement », indique une pharmacienne de Bordeaux.

Ces masques, réservés aux personnes vulnérables, proviennent des « dotations de l’État », dont les premiers colis « sont arrivés lundi », ajoute une autre pharmacienne. Pour les autres clients, les masques sont pris dans « les stocks » des pharmacies et sont vendus entre 5 et 10 euros l’unité.

Dans les rues de Bordeaux, tout le monde ne ressent pas le besoin de porter un masque. « Il y a moins de demandes qu’en période Covid », tempère une professionnelle de santé. Cependant, sa collègue a remarqué « un afflux des demandes à partir de 17 heures mercredi. »

Cet objet, dont la grande majorité des Français ignorait encore le nom il y a sept ans, est devenu « une évidence » pour certains face aux premières fumées. « Le masque FFP2 est disponible à la vente en pharmacie depuis le Covid », rappelle l’une des pharmaciennes. « Nous n’en vendons pas autant qu’en 2020, mais la situation actuelle nous rappelle la pandémie. »