
Incendie en Gironde : les bénévoles s’engagent à Bordeaux pour aider
C’est une véritable mobilisation qui se déroule au Parc des Expositions de Bordeaux. Depuis 7 heures du matin, plusieurs dizaines de bénévoles s’affairent entre les couches et les compotes. À quelques centaines de mètres du hall principal, où sont temporairement logées les milliers de personnes évacuées depuis le début de l’incendie en Gironde, ces bénévoles réceptionnent, trient et empaquettent les dons provenant des communes environnantes avant de les distribuer.
Laura, 44 ans, et Anna, 25 ans, s’emploient à empiler des petits pots pour bébé. Elles sont arrivées mardi matin pour « filer un coup de main ». Ne « pouvant pas aller au feu », ces deux habitantes de l’agglomération bordelaise ont choisi de contribuer à leur manière. « La situation nous touche beaucoup », confie Laura, qui s’est inscrite sur les listes de bénévoles dès les premières évacuations. « On ne se voyait pas rester les bras croisés. »
Dans la longue liste des volontaires, on trouve des psychologues, des vétérinaires, des kinésithérapeutes, des avocats et même un curé. Frédéric, présent sur le site depuis l’ouverture du Parc, sourit en affirmant qu’il y a « presque trop » de bénévoles. « Nous sommes très surpris par cet élan de générosité », confirme Éric Audy, responsable du pôle logistique. La Métropole a d’ailleurs décidé de ralentir les demandes ainsi que les collectes de dons pour la journée. « Ici, c’est devenu comme un grand magasin, nous avons encore de quoi préparer 15.000 repas », explique le responsable.
Des centaines de ventilateurs, des litres d’eau, des vêtements empilés par centaines… « On fera les calculs à la fin », déclare Eric Cabrilat, maire du Taillan-Médoc et vice-président de la Métropole, qui se réjouit de l’aide des « petites mains venues de partout ».
Certains bénévoles se sont engagés à la dernière minute, comme Romane, 30 ans, qui a annulé ses vacances pour venir en aide aux sinistrés : « C’est normal de prendre ce temps-là, j’habite dans l’agglo, alors je me sens particulièrement concernée. » D’autres sont des réservistes de la Métropole, « un vivier de 200 volontaires formés depuis deux ans à des gestions de crise comme celle-ci », assure Margot Pinsolles, attachée de presse.
Monique fait également partie de cette mobilisation. Cette sexagénaire a été particulièrement touchée par les feux de forêts de 2022 dans le département. « J’ai postulé car j’avais besoin d’intervenir en cas d’urgence. Aujourd’hui c’est le cas, alors on fait le nécessaire pour que tout se passe au mieux pour les personnes directement affectées. » Présente parfois de nuit, parfois de jour, la Bordelaise a demandé à son employeur d’adapter son temps de travail : « Ils ont tout de suite compris. » Sur place, elle peut préparer des repas, monter des lits de camp ou simplement discuter avec les personnes dans le besoin.
Cependant, la situation est également très « compliquée » pour les bénévoles, souligne Frédéric ; « pour eux aussi, c’est chaud ». Malgré les roulements, certains ont du mal à rentrer chez eux. « Je ne me sens utile que lorsque je suis sur place », confie Thomas, un jeune homme d’une vingtaine d’années. Résidant à Bordeaux, il a dormi « deux petites heures » la nuit précédente.
Théo partage également ce sentiment. Il s’approche de l’emplacement où se trouvent ses proches, évacués dans la nuit de vendredi à samedi. « Tu devrais rentrer te reposer », lui conseillent ses parents. Pourtant, le jeune homme, qui loue un logement dans le centre de Bordeaux, peine à s’absenter.
Le Parc des Expositions devrait accueillir de nouveaux arrivants. Dans la matinée, 4.000 touristes ont été évacués de Lacanau, à l’est de Bordeaux.
