France

Implants vaginaux : 71 femmes portent plainte pour complications.

Soixante-et-onze femmes ont déposé, vendredi, une plainte avec constitution de partie civile devant le tribunal de Paris concernant des complications liées à des implants vaginaux. Selon les avocates, ces femmes espèrent qu’« une justice indépendante dise la vérité de cette affaire sanitaire pour les unes, économiques pour les autres ».


Soixante-et-onze femmes, dénonçant de graves complications dues à des implants vaginaux, ont déposé vendredi une plainte avec constitution de partie civile devant le tribunal de Paris. Cette initiative judiciaire, rapportée par *Le Parisien* et confirmée à l’AFP par leurs avocates, a pour objectif de demander la désignation d’un juge d’instruction suite au classement sans suite de l’enquête préliminaire en décembre 2024.

Les plaignantes accusent des faits présumés de tromperie aggravée, blessures involontaires, mise en danger d’autrui et abstention volontaire d’empêcher des atteintes à l’intégrité corporelle. Selon Mes Amandine Sbidian, Hélène Patte et Laure Heinich, ces femmes « mutilées » espèrent « qu’une justice indépendante dise la vérité de cette affaire sanitaire pour les unes, économiques pour les autres ». Les faits signalés s’étendent de 1994 à 2022.

Le parquet de Paris avait préalablement jugé qu’il n’était « pas apparu de manquements à la réglementation en vigueur », ni « par les fabricants », ni « par les organismes notifiés en charge de la certification », selon les explications fournies lors du classement. Cette analyse est contestée par les avocates, qui soulignent que « l’affaire des implants vaginaux a fait scandale dans le monde entier, donnant lieu à des indemnisations pour des victimes dans de nombreux pays ».

Dans leur plainte, plusieurs femmes relatent des séquelles sévères liées à ces implants. L’une d’elles affirme ne plus être capable de « faire de sport, croiser ses jambes, mettre des chaussures à talons, de vêtements trop serrés », tandis qu’une autre évoque des « douleurs à l’anus » l’empêchant de s’asseoir sans bouée. Une tierce plaignante parle de « décharges électriques » dans les parties intimes, et une autre mentionne des « urines hémorragiques ». Une plaignante indique également avoir dû s’endetter pour financer une opération de retrait des implants aux États-Unis.

Les avocates pointent la responsabilité des laboratoires, accusés d’avoir dissimulé certains « risques inhérents » à ces dispositifs médicaux. Elles affirment aussi que les patientes n’ont jamais été informées du fait que « le retrait de la bandelette pourrait nécessiter de multiples interventions chirurgicales, voire pourraient ne jamais être retirées ».

La plainte vise également les organismes publics de santé. Les conseillers des plaignantes estiment que les préjudices subis proviennent aussi de « pratiques illégales persistantes de professionnels de santé que les organismes de santé publics avaient le pouvoir de contrôler et de sanctionner ».