
Guerre en Iran : Téhéran envisage-t-il d’assassiner les fils de Trump et Netanyahou ?
Une vidéo diffusée lundi par Channel 3, une chaîne iranienne proche du régime, a suscité une onde de choc en proposant une récompense de dix millions de dollars pour l’assassinat de Barron Trump, le fils de Donald Trump. Avec des lettres rouges évoquant le sang, cette publication, désormais introuvable, mentionnait les lieux de vie du jeune homme de 20 ans, allant de son campus universitaire à la Trump Tower. L’appel au meurtre incluait des informations, dont l’exactitude n’est pas confirmée, sur les mesures de sécurité entourant Barron Trump, qui n’est pas le premier membre de la famille Trump à être visé par le régime iranien.
Simultanément, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré sur Channel 14 que l’Iran avait tenté d’assassiner l’un de ses fils. Cette affirmation, qui reste à vérifier, intervient alors que la visite aux États-Unis de son fils aîné Yair soulève des questions sur les coûts liés à sa protection. Dans ce contexte, les menaces visant les enfants de dirigeants adverses à l’Iran s’inscrivent dans une escalade verbale inquiétante.
Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, souligne que la frange la plus radicale de la population iranienne, représentant entre 10 et 20 %, nourrit un désir de revanche suite à l’assassinat du Guide suprême et de sa famille. Il précise que le régime iranien est fondé sur le culte du martyr. Après la mort d’Ali Khamenei, son fils Mojtaba a promis de venger son père, affirmant que cette vengeance est inéluctable et souhaitée par la nation.
L’assassinat d’Ali Khamenei a également coûté la vie à plusieurs membres de sa famille, y compris sa plus jeune fille et son bébé de 14 mois. Bien que Mojtaba Khamenei ait survécu, des sources américaines rapportent qu’il pourrait avoir été gravement blessé. Pour un régime qui applique la « Qisas », ou loi du talion, cibler la famille des responsables de cette attaque semble logique.
Cibler les enfants des dirigeants étrangers s’inscrit également dans une stratégie tactique. En effet, ces jeunes sont perçus comme des « cibles faciles », moins protégées que leurs parents. Paul Eckloff, ancien agent des services secrets, confirme que l’Iran a divulgué des informations sur les lieux que fréquente Barron Trump, ses identifiants de jeux vidéo et des détails sur sa sécurité. La vidéo incitant à son assassinat mentionne que des agents des Services secrets pourraient se déguiser en étudiants pour le protéger, rendant la tâche d’un potentiel assaillant plus accessible.
L’Iran a une histoire marquée par l’élimination de figures politiques, notamment des leaders kurdes. Des assassinats notables, comme celui d’Abdul Rahman Ghassemlou à Vienne en 1989 ou d’autres personnalités du régime déchu, illustrent cette pratique. Cependant, Thierry Coville note qu’une telle attaque contre la famille d’un chef d’État étranger serait sans précédent. Il estime que le gouvernement iranien, calculateur, n’a aucun intérêt stratégique à assassiner un fils de Trump, car cela entraînerait des conséquences désastreuses et une guerre totale.
Enfin, la mort de Barron Trump ou de Yair Netanyahou ne présenterait aucun avantage opérationnel pour l’Iran, qui fait face à des défis pressants, allant des frappes israélo-américaines à la crise économique aiguë. Le régime doit donc prioriser des enjeux bien plus cruciaux que des vendettas personnelles.
