
L’Europe et l’ONU demandent à Meta de protéger « nos enfants » après l’accord aux États-Unis.
« Nous attendons une gestion adéquate du temps passé devant les écrans, un contrôle parental approprié sur ces plateformes […] Il appartient désormais à l’entreprise de proposer ces engagements au sein de l’Union européenne afin de protéger aussi nos enfants ici », a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne pour le numérique. En effet, Meta a accepté de verser jusqu’à 17 milliards de dollars et de restreindre l’accès à Instagram et Facebook pour les adolescents dans une cinquantaine d’États et territoires américains, suite à un accord conclu avec leurs procureurs généraux.
Le sujet de l’addiction des jeunes aux réseaux sociaux suscite des préoccupations croissantes des deux côtés de l’Atlantique. En France, une législation adoptée fin juillet interdisait l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, bien que cette loi ait été censurée par le Conseil constitutionnel. Le gouvernement français prévoit de proposer une nouvelle version de cette loi. Parallèlement, la Commission européenne, qui a ouvert des enquêtes contre Meta ainsi que d’autres plateformes comme TikTok, envisage des restrictions d’âge similaires.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pourrait aborder ces questions début septembre lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen à Strasbourg. L’Union européenne envisage d’instaurer un accès « progressif et gradué » aux plateformes en ligne pour les enfants et adolescents, conformément aux recommandations d’experts dans un rapport remis le 13 juillet. Trois jours plus tôt, l’exécutif européen avait exigé que Meta modifie les interfaces de Facebook et Instagram, jugées trop « addictives », sous peine de lourdes sanctions financières.
Bruxelles critique Meta pour ne pas avoir suffisamment évalué et limité les risques d’addiction, notamment chez les mineurs et les adultes vulnérables, en raison de fonctionnalités conçues pour capter l’attention des utilisateurs le plus longtemps possible. « La balle est dans le camp de Meta » et l’entreprise « sait ce que nous attendons d’eux », a précisé M. Regnier. Il a également souligné que des discussions étaient en cours avec Meta depuis l’annonce de cet accord aux États-Unis, dans le but d’assurer une protection équivalente pour les enfants de l’Union européenne.
Les contrôles parentaux intégrés à Facebook et Instagram sont jugés trop complexes, tout comme les réglages pour limiter le temps d’écran des adolescents. Meta a contesté les conclusions préliminaires de Bruxelles, tout en s’engageant à collaborer avec la Commission pour « offrir un environnement en ligne sûr et positif ». Cette enquête, lancée en mai 2024 contre Meta, s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA), et une demande similaire a été adressée à TikTok en début d’année.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a également appelé à l’établissement de règles visant à protéger les enfants sur tous les réseaux sociaux, à la suite de l’accord conclu par Meta aux États-Unis. « Une conception axée sur la sécurité doit être appliquée à l’ensemble », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
