
Fonctionnels mais imparfaits : les ordinateurs moches prennent leur revanche après les fruits et légumes.
Dans un monde où l’apparence prédomine, les objets jugés inesthétiques peinent à trouver leur place. Pourtant, une initiative innovante émerge des Deux-Sèvres, où la coopérative Les Ateliers du bocage se consacre à la valorisation des ordinateurs portables présentant des défauts esthétiques ou fonctionnels. Ces appareils, bien qu’imparfaits, sont entièrement opérationnels et offrent une alternative économique à ceux qui ne peuvent pas se permettre des équipements neufs.
Depuis le printemps dernier, cette coopérative propose une gamme d’ordinateurs surnommée les K-Bossés. Selon Olivier Bien, directeur adjoint en charge du pôle numérique, ces ordinateurs ont été reconditionnés par des personnes ayant des parcours de vie difficiles. « Ces machines ont déjà servi et méritent une seconde chance », précise-t-il. Les Ateliers du bocage s’approvisionnent auprès d’entreprises locales qui renouvellent leurs stocks, permettant ainsi de sauver des appareils qui, autrement, seraient destinés à la casse.
Les K-Bossés présentent des imperfections variées : rayures, fêlures, ou encore des ports USB défectueux. Toutefois, Olivier Bien insiste sur le fait que ces ordinateurs continuent de fonctionner parfaitement. « Il est absurde de les mettre au rebut simplement en raison de leur apparence », affirme-t-il, soulignant que la performance d’un ordinateur ne devrait pas être jugée sur son esthétique.
Depuis le lancement de cette initiative, 150 K-Bossés ont déjà trouvé preneur, tandis que 250 autres sont encore disponibles à des prix très compétitifs, commençant à partir de 144 euros. Ces tarifs sont au moins 30 % inférieurs à ceux des ordinateurs reconditionnés classiques, rendant ainsi la technologie accessible à un plus grand nombre. Pour personnaliser ces ordinateurs, Les Ateliers du bocage offrent également des planches de stickers inspirés de la bande dessinée, permettant aux utilisateurs de masquer les imperfections et d’ajouter une touche unique à leur appareil.
En parallèle, le géant du reconditionné Back Market a également lancé sa propre gamme d’ordinateurs moches, introduite en mai dans la catégorie « Obsolète ». Ces appareils, souvent marqués par des traces d’autocollants, étaient auparavant destinés à la décharge. Charlotte Souleau, directrice générale de Back Market en France, souligne que les consommateurs privilégient de plus en plus la fonctionnalité à l’esthétique. Elle espère que cette tendance, symbolisée par le concept d' »ugly computer », incitera les utilisateurs à réfléchir à leurs habitudes de consommation technologique.
Ainsi, après la bataille des fruits et légumes moches, les ordinateurs inesthétiques prennent leur revanche, prouvant que la laideur peut également avoir sa place dans un monde en constante évolution technologique.
