
Faut-il donner de l’eau aux animaux sauvages durant les canicules ?
Au printemps dernier, les organismes de protection animale ont tiré la sonnette d’alarme concernant les conséquences dévastatrices des vagues de chaleur répétées sur la faune sauvage. Des espèces variées, allant des hérissons aux oiseaux, en passant par les renards et les sangliers, souffrent des effets de ces canicules. La situation est telle que les centres de soins pour animaux accueillent un nombre alarmant d’animaux en détresse.
Dès le mois de juin, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en Alsace a lancé un appel urgent aux dons pour faire face à l’afflux d’oiseaux et de mammifères en difficulté. Les équipes de soin ont pris en charge près de 700 animaux, avec un pic à plus de mille en une seule journée. Cathy Zell, de la LPO Alsace, a exprimé son inquiétude face à cette situation déjà critique, précisant qu’au 31 juillet, le centre avait enregistré 3 800 prises en charge, soit une augmentation de plus de 7 % par rapport à l’année précédente, avec de nombreux animaux souffrant de déshydratation.
Les effets de la chaleur extrême se manifestent de plusieurs manières. Les brûlures causées par des surfaces surchauffées, pouvant atteindre 60 °C sur le bitume, représentent un danger pour les petits animaux. Les oiseaux nichant sous les toits, tels que les martinets et les hirondelles, sont particulièrement vulnérables, car les jeunes, asphyxiés par la chaleur, tombent parfois du nid en quête d’air. La sécheresse prolongée et le manque d’eau fragilisent également d’autres espèces, notamment les invertébrés, qui constituent la base de la chaîne alimentaire.
La déshydratation est une menace majeure. L’assèchement des points d’eau force les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu’à l’épuisement. Les experts recommandent de mettre de l’eau à disposition de la faune sauvage, en particulier lorsque les sources naturelles s’assèchent. Il est conseillé d’utiliser des récipients peu profonds, tels que des soucoupes, et d’y ajouter une pierre ou une branche pour éviter les noyades, tout en changeant l’eau régulièrement.
Il est crucial de placer ces récipients à l’ombre et de les multiplier, car tous les animaux n’accèdent pas à l’eau de la même manière. L’eau doit être fraîche ou à température ambiante, et il est impératif de ne jamais forcer un animal à boire. Les spécialistes mettent également en garde contre le fait de nourrir les animaux sauvages, soulignant que l’eau est le geste le plus simple et le plus sûr.
Pour certains animaux, comme les renards, il est possible de laisser de l’eau fraîche dans un endroit calme et ombragé, sans chercher à les attirer. En revanche, il est conseillé de faire preuve de prudence avec les sangliers, qui peuvent être dangereux. Si un sanglier semble en détresse, il est préférable de contacter les autorités compétentes. Il est également déconseillé d’installer des points d’eau spécifiquement pour eux, afin d’éviter d’attirer ces animaux près des habitations.
Concernant les biches et les cerfs, il est recommandé de ne pas utiliser de bacs d’eau domestiques pour ne pas les inciter à s’approcher des habitations. Ces animaux ont besoin de se déplacer sur de vastes territoires pour accéder à leurs ressources. La préservation des points d’eau naturels, tels que les mares ou les ruisseaux, est essentielle pour leur permettre de s’hydrater sans associer la présence humaine à la nourriture ou à l’eau. L’Office français de la biodiversité souligne l’importance de conserver leurs habitats naturels pour assurer leur bien-être.
