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Guerre au Moyen-Orient : Les Etats-Unis promettent un isolement économique « sans précédent » à l’Iran.

Le climat de tension entre les États-Unis et l’Iran se renforce, alors que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé une stratégie radicale visant à isoler économiquement Téhéran. Lors d’une intervention sur Newsmax, il a promis un « isolement économique comme le monde n’en a jamais vu » et un blocus strict du détroit d’Ormuz, un passage essentiel pour le commerce mondial des hydrocarbures. Cette annonce marque un tournant significatif, mettant fin aux espoirs d’un accord imminent pour rouvrir cette voie maritime, qui avaient été exprimés par Washington quelques jours auparavant.

Bessent a déclaré : « Ce sera une combinaison d’un isolement économique comme le monde n’en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d’Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens. » Il a également promis de nouvelles mesures à venir, sans en préciser les détails. Ce changement de ton est frappant, surtout après que Bessent avait évoqué, le 4 août, la possibilité d’un accord rapide avec l’Iran, ce qui avait initialement fait grimper les marchés boursiers et fait chuter les prix du pétrole.

La situation s’est aggravée alors que la guerre, déclenchée par l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran fin février, entre dans son sixième mois. Le protocole d’accord établi en juin pour mettre fin aux hostilités a été rompu début juillet. Donald Trump avait suspendu les frappes à la fin de ce mois, conditionnant cette pause à un accord rapide, qui devait inclure l’ouverture totale du détroit d’Ormuz et la cessation de la menace nucléaire iranienne.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, est devenu le point de tension le plus critique. Les Émirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne sur deux navires de la compagnie ADNOC, qualifiant ces actes de « piraterie » et affirmant qu’ils représentent une menace directe pour la sécurité énergétique mondiale. Abou Dhabi a exigé que l’Iran rouvre ce passage sans conditions.

En réponse, Téhéran a rejeté les affirmations de Trump concernant le contrôle total du détroit par les États-Unis. Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central iranien, a affirmé que le détroit reste sous le contrôle de la République islamique. Actuellement, l’Iran impose des restrictions aux navires souhaitant traverser, exigeant des autorisations et envisageant des frais de service, une situation que Washington refuse d’accepter.

Le vice-président JD Vance a également souligné l’importance de la pression économique, affirmant que l’objectif principal des États-Unis est de maintenir les prix du pétrole et de l’essence abordables pour les Américains, tout en s’assurant que l’Iran ne développe jamais d’armes nucléaires. Bessent a comparé sa stratégie à celle appliquée à Cuba et au Venezuela, affirmant que le blocus avait conduit à l’effondrement rapide du Venezuela.

Enfin, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a critiqué les États-Unis pour leurs « mauvais calculs » et a mis en garde contre les conséquences de leurs actions sur le détroit d’Ormuz, soulignant les erreurs de renseignement qui pourraient aggraver la situation.