
« Drag Race France » : Holly White, éliminée, affirme que Nicky Doll reste son amie.
« Je pars la tête haute et fière de ce que j’ai fait. Et je peux être d’autant plus fière que mon amie, juge de la compétition, est fière de moi, donc je ne peux que partir heureuse. Heureuse et triste. » C’est ainsi qu’Holly White évoque son élimination à l’issue du quatrième épisode de la saison 4 de Drag Race France, diffusé ce jeudi sur France.tv.
Originaire de Cannes, Holly White, âgée de 40 ans et forte de vingt ans d’expérience dans le drag, a été éliminée après un lipsync face à Azémylia, suite à un Snatch Game particulièrement redoutable. Son parcours a été marqué par une victoire lors d’un premier lipsync et un sauvetage grâce à la baguette d’or.
Avec deux décennies de drag à son actif, Holly White a cherché à se dépasser et à retrouver de la visibilité dans le milieu. « Pour qu’on me voie telle que je suis, pour avoir peut-être plus de bookings à l’avenir, dans des endroits où je n’ai jamais travaillé. C’est un point d’honneur pour toute ma carrière, pour tout ce que j’ai fait dans le drag. Et j’avais envie de représenter les queens comme moi, qui ont 40 ans aujourd’hui. »
Son plaidoyer pour les queens de plus de 40 ans a touché de nombreuses personnes. « Il y a eu une époque où j’ai beaucoup travaillé, où j’étais bookée un peu partout. Et puis au fur et à mesure, quand la nouvelle génération arrive, tu te fais un peu oublier. Ce n’est pas péjoratif, mais tu as l’impression d’être oubliée, tu te remets en question et tu te demandes : “Pourquoi je ne suis pas bookée autant que les autres ? Est-ce que c’est à cause de l’âge ?” Parce que quand tu regardes les castings, les queens retenues sont toujours plus ou moins jeunes, donc tu te remets en question. »
Concernant son expérience, Holly souligne : « Moi, c’est l’expérience. Si je peux leur apprendre quelque chose, c’est ça. Et puis aussi peut-être canaliser ses efforts et son énergie dans la bonne direction. Mais je pense que j’apprends même plus d’elles que ce que je peux transmettre. Ça va tellement vite à notre époque. Elles m’ont appris à lâcher un peu prise, à ne pas vouloir tout contrôler et avoir plus de fun. »
Être la « daronne » dans l’atelier ne l’a pas dérangée. « Pas du tout inconfortable parce que c’est ma nature dans la vie de tous les jours. Si tu as besoin de conseils, tu me demandes. Ce n’est pas contraignant. Et dans la compétition, au moment où j’en avais besoin, j’étais dans ma bulle. Je suis plus une épaule sur qui se reposer qu’autre chose. »
Holly regrette de ne pas avoir pu montrer certaines facettes de son talent. « J’ai montré que je savais coudre parce que j’ai fait pas mal de mes tenues. Mais j’aurais aimé le montrer en direct, qu’on ait un défi couture et que je puisse le faire sur place. Tout ce qui touche à la couture et aussi au maquillage. Forcément, on attend toujours le makeover. »
Lors de l’épisode 3, elle a été sauvée par la baguette d’or. « La baguette, c’est chiant et c’est cool en même temps. C’est chiant parce que quand tu l’as mais que tu es safe, il faut choisir quelqu’un. Et quand tu l’as et que tu te sauves toi, c’est normal. Mais j’aurais pu mieux faire, parce que sinon, je n’aurais pas eu besoin de me sauver. C’est un peu à double tranchant. Après, il faudrait être un peu bête pour chercher à s’éliminer soi-même et donner la baguette à quelqu’un d’autre alors que tu risques de partir aussi. C’est le jeu. »
Avec du recul, elle analyse son Snatch Game. « Ce qui a péché, je pense, c’est de vouloir faire un accent anglais américain au lieu de juste parler français et d’être plus spontanée, plus rapide, peut-être plus drôle. »
Concernant les mots de Nicky Doll, elle a ressenti une forte émotion. « Moi, je savais déjà que j’allais partir dès qu’on a commencé le lip sync. Donc j’étais préparée, mais on n’est jamais vraiment prête. Les mots de Nicky, forcément, ça me touche, parce que ça reste mon amie avant d’être mon juge. Mais je le vis bien, parce que je pars la tête haute et fière de ce que j’ai fait. Et je peux être d’autant plus fière que mon amie, juge de la compétition, est fière de moi, donc je ne peux que partir heureuse. Heureuse et triste. »
Nicky a déclaré que sans Holly, « Drag Race France » n’existerait peut-être pas. Holly commente : « C’est fort ! Je pense que quand elle dit ça, elle parle du fait que, de par mon expérience, et que je suis sur la scène française depuis longtemps, j’ai apporté beaucoup en matière d’inspiration, visuellement, en tant qu’artiste. J’ai un peu posé une petite pierre à tout cet édifice. Mais comme il y a eu des gens avant moi, comme il y a eu des gens avant ces gens, c’est une chaîne. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Et le fait qu’on me dise que j’ai participé à ça, c’est hypertouchant. Je ne peux pas être plus touchée que par cette phrase-là. »
Quant à l’impact de « Drag Race » sur sa vie, elle répond : « C’est trop tôt pour le dire ! Les propositions arrivent, et tout le monde est excité à l’idée de nous recevoir pour les viewings parties. Ça commence doucement à nous ouvrir des portes, mais la diffusion est encore en cours. Je pense que tout ça arrivera vraiment au moment de la tournée. Ce qui a changé concrètement, c’est que je me tape des allers-retours non-stop entre Cannes et Paris. J’ai dû me prendre une carte d’abonnement SNCF ! »
La tournée « Drag Race France » débutera en septembre au Casino de Paris, sous la direction artistique de Thomas Jolly. Holly conclut : « Ça va être très fun, ça va changer de ce qui a été fait dans toutes les tournées de « Drag Race » jusqu’à présent. On est en préparation, on a hâte. On est excitées. Je pense que ça va être un très beau spectacle. C’est un peu différent de tout ce qu’on a vu avant. »
