
Crise du carburant : grands rouleurs, professionnels, TVA, les annonces du gouvernement
Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a présenté de nouvelles aides destinées à plusieurs catégories d’usagers et de professionnels. L’exécutif met en avant des dispositifs temporaires et ciblés, financés en partie par des crédits déjà prévus mais non consommés.
Une aide élargie pour les grands rouleurs
La principale mesure annoncée concerne les personnes qui parcourent de longues distances pour se déplacer. L’aide sera reconduite pour octobre et novembre, avec un élargissement du nombre de bénéficiaires potentiels à 5,5 millions de personnes. Le montant reste fixé à 100 euros, ce qui correspond, selon Maud Bregeon, à l’équivalent d’environ 40 centimes par litre sur deux mois en moyenne. Jusqu’ici, l’aide était présentée comme équivalente à 20 centimes par litre.
Le gouvernement affirme aussi vouloir simplifier le versement. David Amiel indique que 3 millions de Français étaient éligibles auparavant, mais que moins de la moitié en ont effectivement profité. Les sommes non utilisées sur les précédentes aides, déjà budgétées, serviront à financer l’ensemble des mesures annoncées, pour un total de 450 millions d’euros.
Des soutiens maintenus pour plusieurs professions
Plusieurs secteurs déjà aidés voient leurs dispositifs prolongés. Les agriculteurs, le BTP et les pêcheurs conserveront leurs aides jusqu’au 31 décembre, selon Serge Papin. Pour les pêcheurs, Catherine Chabaud annonce en plus un prêt à taux zéro garanti par l’État, plafonné à 50 000 euros.
Les infirmières libérales sont également concernées. Stéphanie Ritz précise qu’un bonus additionnel baptisé « territoires et ruralité » sera mis en place pour 25 000 professionnelles parcourant plus de 100 kilomètres par jour. Son montant est de 80 euros pour deux mois. Le gouvernement ajoute enfin que les entreprises peuvent verser une prime carburants totalement défiscalisée à leurs salariés, avec un plafond relevé à 1 000 euros contre 600 euros auparavant.
Pas de baisse généralisée de la TVA
Sur le plan fiscal, l’exécutif écarte une baisse généralisée de la TVA sur les carburants. David Amiel défend une stratégie d’aides temporaires et ciblées, en expliquant que les finances publiques ne permettent pas une mesure plus large. Le gouvernement refuse aussi l’idée d’un prix bloqué à la pompe, pourtant défendue par La France insoumise.
Les autorités contestent par ailleurs l’existence d’une marge budgétaire cachée. David Amiel affirme que les recettes fiscales liées au carburant reculent de 407 millions d’euros par rapport à l’an dernier. Il relie cette baisse à une diminution des volumes consommés de 19 % en septembre. Selon lui, la hausse de la TVA ne compense pas la chute plus marquée des recettes d’accise, taxe fixe calculée sur les volumes.
Ce qu’il faut retenir
- Le gouvernement prolonge et élargit une aide de 100 euros pour les grands rouleurs, avec 5,5 millions de bénéficiaires potentiels.
- Plusieurs secteurs restent soutenus, dont les agriculteurs, le BTP, les pêcheurs et certaines infirmières libérales.
- Paris refuse une baisse généralisée de la TVA et dit financer ces mesures grâce à des crédits non utilisés, pour 450 millions d’euros.
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