
Cour pénale internationale : Karim Khan destitué pour « faute grave »
Par ici la sortie. Les 125 États membres de la Cour pénale internationale (CPI) ont décidé, vendredi, de révoquer le procureur Karim Khan, qui fait l’objet d’accusations d’agression sexuelle qu’il conteste. Réunie à huis clos au siège de l’ONU à New York, l’Assemblée a adopté cette décision à bulletin secret par 82 voix, alors que 63 suffisaient, mettant ainsi fin à son mandat pour « faute grave » et « manquement grave aux devoirs de sa charge ».
Selon des sources diplomatiques, 13 États ont voté en faveur de son maintien et 15 se sont abstenus. La CPI, basée à La Haye, a indiqué avoir « pris acte » de cette décision, précisant que ses procureurs adjoints continueront d’assurer les activités du Bureau du procureur, comme ils le faisaient depuis la mise en retrait de Karim Khan il y a plus d’un an.
« Une escalade des tentatives », confie la victime. Le magistrat britannique de 56 ans avait quitté temporairement ses fonctions en mai 2025 dans l’attente des conclusions d’une enquête ouverte suite aux accusations formulées par une collaboratrice. Suspendu en juin par le Bureau de l’Assemblée, il a toujours rejeté ces accusations. Son avocat Tayab Ali a annoncé que « M. Khan va contester la légalité et l’équité de la décision par tous les mécanismes juridiques disponibles », tout en reprochant à l’Assemblée de ne pas lui avoir permis de présenter sa défense.
La femme à l’origine des accusations, présentée par CNN comme une avocate malaisienne prénommée Sarah, s’est exprimée publiquement la semaine dernière. Elle a décrit « une escalade des tentatives » et affirmé : « Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que M. Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde. »
Cette révocation intervient alors que Karim Khan était notamment à l’origine des mandats d’arrêt délivrés en 2024 contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le cadre de la guerre à Gaza. Les États-Unis ont depuis sanctionné le procureur ainsi que plusieurs magistrats impliqués dans ce dossier.
Après le vote de vendredi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a salué sur X un renvoi « longtemps attendu » d’un procureur « corrompu qui s’était empressé de demander des mandats d’arrêt scandaleux » contre des responsables israéliens « pour tenter de détourner l’attention d’une faute grave qu’il craignait de voir révéler ». De son côté, Human Rights Watch a rappelé que les gouvernements devaient protéger l’indépendance de la CPI tout en veillant à « assurer un environnement de travail sûr avec des mécanismes crédibles et efficaces » pour les employés et les victimes d’abus.
Aux États-Unis, cette décision a également été saluée. « Karim Khan est un exemple emblématique d’une CPI corrompue et de l’abus de l’autorité qu’elle prétend détenir. C’est une bonne chose qu’il soit parti, mais il n’était qu’un rouage mineur dans cette institution irrémédiablement corrompue », a écrit Tommy Pigott, le porte-parole du département d’État américain, sur X.
