
Coupe du monde 2026 : Politiciens français répondent à Rajoy sur le racisme envers les Bleus
Plusieurs ministres et chefs de partis français ont exprimé leur indignation dimanche face à une tribune de l’ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui évoque une équipe de France « sans Français ». L’ambassade de France à Madrid a affirmé que « tous les joueurs de l’équipe de France sont français », précisant que « sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France ».
Un ancien Premier ministre ne devrait pas faire de telles déclarations. Ni personne d’ailleurs. Plusieurs ministres et chefs de partis en France ont dénoncé dimanche le « racisme crasseux » et la « haine » soulevés par une tribune de l’ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui évoque une équipe de France « sans Français ».
Au cœur de la controverse se trouve une tribune publiée dans le média El Debate, dans laquelle l’ancien Premier ministre (Parti populaire, conservateur) analyse l’équipe de France à quelques jours d’un match contre l’équipe espagnole, en demi-finale du Mondial (mardi). Il fait valoir que la France « dispose, en outre, d’un effectif de très haut niveau », mais « sans Français ».
« L’équipe de France ne comprend que des Français. La France n’est pas une nation ethnique, elle n’a pas de couleur de peau ou de religion. C’est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N’en déplaise à la droite raciste », a vivement réagi sur X le président du Parti socialiste, Olivier Faure.
« Hier une sénatrice du Paraguay, maintenant l’ancien Premier ministre d’Espagne : ils ne peuvent s’empêcher d’exprimer un racisme crasseux pour tenter d’énerver notre belle équipe de France », a abondé Fabien Roussel, son homologue du Parti communiste français.
Des membres du gouvernement français ont également réagi. « À chaque victoire des Bleus, les mêmes obsessions et insultes racistes ressurgissent. Ce ne sont pas des « dérapages ». C’est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu’elle est », a déclaré la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou (Horizons), invitant la Fédération française de football à engager des « poursuites ».
Sa collègue Aurore Bergé (Lutte contre les discriminations, Renaissance) a critiqué des « dérapages racistes répétés » : « il est temps qu’ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère ».
Interrogé sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié cette déclaration d’« absolument inacceptable ». La sortie de l’ancien dirigeant espagnol, dont le gouvernement avait chuté en 2018 en raison de poursuites pour financement illégal de son parti, a également suscité des réactions en Espagne.
Le ministre des Transports du gouvernement socialiste espagnol, Oscar Puente, l’a qualifié d’« idiot post-franquiste », n’ayant selon lui jamais été « modéré ». L’ambassade de France à Madrid a également réagi sur les réseaux sociaux : « tous les joueurs de l’équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l’étranger sont également français ».
