Corruption au Parlement européen : Un eurodéputé belge dénonce des « aveux intéressés » d’un suspect majeur

« Je clame et clamerai encore mon innocence ». Marc Tarabella, eurodéputé socialiste belge, visé par la justice dans l’affaire de corruption présumée au Parlement européen, a clamé son innocence et dénoncé les « aveux intéressés » d’un suspect clé, dans un courrier ce jeudi. Une procédure est en cours pour faire lever son immunité parlementaire.

L’élu a été exclu mercredi par le groupe S & D (Socialists & Democrats) au Parlement européen et par le parti socialiste belge, le temps de l’enquête. Le Belge a été mis en cause par l’ex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri – l’un des quatre suspects actuellement incarcérés dans cette affaire de corruption présumée impliquant notamment le Qatar-, qui a affirmé aux enquêteurs avoir versé à l’eurodéputé belge « entre 120.000 et 140.000 euros », selon le journal l’Echo.

« Je suis jugé […] sur base d’articles de presse ou d’aveux intéressés »

« Aujourd’hui, je n’ai toujours pas eu le droit de me défendre. Je clame et clamerai encore mon innocence. Je n’ai jamais reçu d’argent ou de cadeaux en échange de mes opinions politiques », affirme Marc Tarabella dans un courriel envoyé à la Commission des affaires juridiques du Parlement européen.

« Je suis jugé par l’opinion publique ou par certains de mes collègues sur base d’articles de presse ou d’aveux intéressés de personnes incarcérées, aveux qui ont apparemment changé au fil du temps contrairement à ma position », dénonce l’homme.

Pier Antonio Panzeri, qui fait figure de personnage central dans l’affaire, a conclu un accord avec la justice au terme duquel il s’est engagé à donner des informations aux enquêteurs en échange d’une peine de prison ferme limitée. Un statut de « repenti » calqué sur la pratique italienne antimafia.

Le domicile de Marc Tarabella dans la région de Liège avait été perquisitionné dès le 10 décembre dans le cadre de l’enquête mais aucun argent liquide n’avait été découvert.

La Commission des affaires juridiques du Parlement européen doit prochainement se prononcer sur les demandes de levée d’immunité de Marc Tarabella et d’un autre eurodéputé socialiste, l’Italien Andrea Cozzolino, transmises début janvier par la justice belge.