France

« C’est quasiment fini »… L’oiseau au chant emblématique disparaît du pays

Le râle des genêts, un oiseau nocturne dont le chant distinctif résonnait autrefois dans les campagnes françaises, est aujourd’hui en danger critique d’extinction. Ce cri particulier, un « crex-crex » qui évoque un vieux radio-réveil mélangé au chant d’une cigale, se fait de plus en plus rare. Les promenades nocturnes ne permettent plus d’entendre cette mélodie, signe inquiétant de la disparition de l’espèce.

Dans plusieurs régions où le râle des genêts était autrefois bien présent, il a totalement disparu. Corentin Morvan, chargé d’études à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) en Bretagne, témoigne de l’absence de ces oiseaux après deux années d’observations. « Nous avons utilisé des enregistreurs automatiques chaque nuit pendant deux mois, mais nous n’avons rien capté », déplore-t-il. Selon lui, l’espèce est désormais éteinte dans cette région, victime des pratiques agricoles modernes. En effet, cet oiseau niche au sol dans les prairies, et les jeunes oisillons sont souvent victimes des moissonneuses, qui ne laissent aucune chance aux couvées.

La situation est d’autant plus préoccupante face au réchauffement climatique et à la sécheresse, qui exacerbent la fragilité de l’espèce. La hausse des températures entraîne des récoltes précoces, rendant le repeuplement quasiment impossible pour le râle des genêts, qui préfère se cacher dans les hautes herbes des prairies humides. Depuis les années 1970, les populations de cet oiseau ont chuté de 97 % en France, un effondrement alarmant.

Bien que le râle des genêts ait disparu de Bretagne, il reste quelques populations isolées dans d’autres régions françaises. Cependant, les perspectives de survie sont sombres. Cette année, seulement une soixantaine de couples nicheurs ont été identifiés, presque la moitié par rapport à l’année précédente, où 100 mâles chanteurs avaient été recensés. « C’est une catastrophe. Nos espoirs s’effondrent. On se demande si l’espèce ne va pas disparaître avant la fin de la campagne nationale. C’est quasiment fini », s’inquiète Corentin Morvan.

Un plan national d’actions, lancé en 2024 pour tenter de sauver le râle des genêts, était prévu jusqu’en 2033, avec des projets de réintroductions. Cependant, la chute drastique des observations remet en question l’efficacité de ces mesures. La LPO se demande si de telles initiatives auraient encore un impact positif.