
Italie : Giorgia Meloni décroche la palme d’or de la longévité au pouvoir
Giorgia Meloni, la première femme à occuper le poste de Première ministre en Italie, a récemment battu le record de longévité au pouvoir, un exploit précédemment détenu par Silvio Berlusconi. Élue en 2022, Meloni a su s’imposer sur des thèmes chers à l’extrême droite, tels que l’immigration et la défense de la famille traditionnelle. Toutefois, au fil de son mandat, elle a progressivement adopté des positions plus modérées, une stratégie qui pourrait influencer d’autres pays européens.
Depuis son arrivée au pouvoir, Meloni a déjoué les pronostics qui prédisaient une instabilité de son gouvernement et une détérioration des finances publiques. En effet, son administration a veillé à respecter les règles budgétaires européennes. Cependant, malgré ces efforts, l’économie italienne peine à croître, affichant une progression inférieure à 1% du PIB, et la dette publique demeure un point de préoccupation majeur. D’ici la fin de l’année, l’Italie pourrait même surpasser la Grèce en tant que pays le plus endetté de la zone euro.
L’inflation, atteignant 3,3%, complique également la vie quotidienne des Italiens. Dans le marché couvert de Rome, le plus grand d’Europe, les avis sur la performance du gouvernement sont partagés. Une pensionnée exprime son désespoir face à la hausse des prix, tandis qu’un homme, admiratif de Meloni, souligne sa capacité à maintenir son poste plus longtemps que ses prédécesseurs. D’autres, cependant, critiquent le manque d’initiatives pour soutenir l’économie et le pouvoir d’achat.
Les réformes, pourtant essentielles pour relancer l’économie, semblent avoir été mises de côté. Après un échec retentissant lors d’un référendum sur la réforme de la justice, Meloni a été accusée de ne pas avoir investi suffisamment son capital politique dans des changements nécessaires. Des représentants du secteur privé, comme un boulanger de Rome, se plaignent de l’absence de soutien face à la hausse des coûts énergétiques, appelant à des actions concrètes plutôt qu’à des promesses.
Dans le quartier de Garbatella, où Meloni a grandi, des jeunes militants de son parti, Fratelli d’Italia, célèbrent son succès. Ils voient en elle un modèle, affirmant que sa stabilité politique prouve la capacité de la droite identitaire à gouverner. Un responsable du mouvement des jeunes du parti se dit fier des réalisations du gouvernement et de la redynamisation de l’Italie sur la scène internationale.
Cependant, les relations de Meloni avec des figures controversées comme Donald Trump suscitent des réserves parmi certains électeurs. Malgré cela, elle a réussi à donner l’impression que l’Italie est un acteur important en Europe, notamment avec des mesures controversées sur l’immigration.
Les militants se préparent à un événement marquant à Bari pour célébrer ce record de longévité, qui pourrait également servir de tremplin pour une campagne électorale. Avec l’émergence d’un nouveau parti d’extrême droite, dirigé par l’ancien général Roberto Vannacci, Meloni est consciente qu’elle doit renforcer son discours pour maintenir son influence.
Après 1413 jours à la tête du gouvernement, Meloni reste une figure centrale de la politique italienne. Si elle parvient à remporter les élections de 2027 et à obtenir un second mandat consécutif, elle marquera l’histoire, car aucun Premier ministre italien n’a jamais réussi cet exploit. C’est un objectif qu’elle semble déterminée à atteindre.
