France

Carburant : Hausse des siphonnages, risques pour les voleurs ?

Depuis plusieurs années, le carburant est devenu une cible de choix pour les voleurs, qui siphonnent les réservoirs des camions, touchant principalement les entreprises du bâtiment, les exploitations agricoles, ainsi que les sociétés de transport et de logistique. À Brest, environ 200 litres de carburant ont été dérobés le week-end dernier dans les réservoirs de trois camions de pompiers stationnés dans la caserne.


Le problème du vol de carburant persiste depuis plusieurs années. Ce phénomène ciblé s’est intensifié, notamment en siphonnant les réservoirs de camions. Les principaux concernés sont les entreprises du bâtiment et des travaux publics, les exploitations agricoles, ainsi que les sociétés de transport et de logistique.

Interrogé fin mars, Elvis Gutic, cogérant du groupe BC Alteo, qui fait circuler 160 camions dans le Grand-Est, a mentionné que le vol de carburant était désormais « partie intégrante » de son activité. Il a précisé : « Ce n’est pas tous les jours mais toutes les semaines au moins », évoquant environ 1.000 litres siphonnés chaque mois.

Avec la hausse des prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la tendance s’est aggravée. « À chaque fois que les prix augmentent à la pompe, les vols se multiplient », a déclaré Sandra Panet, déléguée régionale de la Fédération des transports routiers dans le Centre-Val-de-Loire.

Les voleurs ne ciblent pas uniquement les camions de transport. À Brest, environ 200 litres de carburant ont été volés le week-end dernier dans les réservoirs de trois camions de pompiers garés à la caserne. Suite à cet incident, une plainte a été déposée par le service départemental d’incendie et de secours.

Mais quelles sont les conséquences pour les voleurs surpris en flagrant délit de siphonnage de carburant ? En France, l’article 313-5 du Code pénal stipule que la filouterie, y compris le vol de carburant, est passible de six mois d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende. Toutefois, en cas de siphonnage ayant souvent pour conséquence des dégradations sur les véhicules, la sanction peut atteindre trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

C’est ce que prévoit la législation, mais en pratique, de nombreux chefs d’entreprise ne prennent plus la peine de porter plainte. Elvis Gutic a souligné : « Cela prend du temps et ne sert à rien ».