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Canicule : Les psychotropes, antidépresseurs et anxiolytiques ne sont pas efficaces ?

Depuis une semaine, la France est confrontée à une vague de chaleur intense, rendant les personnes âgées, les enfants en bas âge et les femmes enceintes particulièrement vulnérables. Les médicaments antipsychotiques sont les plus sensibles à la chaleur, ce qui perturbe la thermorégulation et augmente le risque de déshydratation chez les patients.


Depuis une semaine, la France est confrontée à une chaleur intense et précoce. Les autorités intensifient leurs messages de prévention pour protéger les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes, qui sont particulièrement vulnérables aux températures élevées. Cependant, une autre catégorie de la population est également à risque : les millions de Français souffrant de troubles psychiques.

Certains médicaments psychotropes, tels que les antidépresseurs, le lithium ou les antipsychotiques, réagissent mal aux fortes températures, un danger encore peu connu alors que les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents.

### Un risque de déshydratation

« Les médicaments antipsychotiques sont les plus sensibles à la chaleur », souligne le docteur David Masson, psychiatre au Centre Psychothérapique de Nancy et auteur du livre *Santé mentale, Ce que peut vraiment la psychiatrie* (Editions Du Détour). En agissant sur la dopamine, ils perturbent la thermorégulation. Les patients ressentent moins la chaleur, s’hydratent insuffisamment et sont ainsi plus susceptibles de se déshydrater. « La sédation peut aussi être accentuée », ajoute le médecin.

Le lithium, prescrit aux personnes souffrant d’un trouble bipolaire, affecte également la sensation de soif. « Son efficacité dépend d’un dosage sanguin très précis qui est tributaire de l’état d’hydratation, explique Hugo Baup, psychiatre hospitalier et auteur de *Comment ça va, toi ? Le guide pratique de la santé mentale* (Larousse Editions). Une mauvaise hydratation peut donc provoquer un surdosage. »

### Plus sensible à la chaleur

Les antidépresseurs peuvent aussi poser des problèmes pendant les vagues de chaleur. « Certains augmentent la transpiration tout en réduisant la perception de la soif, ce qui favorise la déshydratation et augmente des effets secondaires comme la fatigue ou les tremblements », précise le docteur Masson.

De plus, certains antidépresseurs, appelés tricycliques, limitent la transpiration et augmentent donc le risque de coup de chaleur. « Certains antidépresseurs et neuroleptiques sont photosensibilisants, pouvant entraîner des brûlures cutanées », avertit le docteur Baup.

### Une diminution des effets

Plus sérieusement, la chaleur pourrait entraîner une diminution de l’efficacité des médicaments. « Il est difficile de savoir si le traitement est réellement moins efficace ou si la baisse de moral est liée à la chaleur, qui peut aggraver les problèmes de santé mentale, nuance Hugo Baup. L’impact du réchauffement climatique sur la santé mentale est indéniable. Les causes physiologiques, la réduction des interactions sociales, une activité physique moindre et des troubles du sommeil sont autant de facteurs de risque.

« La canicule augmente l’anxiété et le risque de suicide », confirme le docteur Masson. « Avec la chaleur, certaines personnes vont s’ennuyer et donc consommer plus de cigarettes et d’alcool, or on sait que ces substances diminuent l’efficacité de certains médicaments », ajoute Hugo Baup.

### Être attentif aux signaux

La canicule ne devrait pas inciter les patients à modifier ou à arrêter leur traitement sans avis médical. « Des symptômes tels qu’une forte baisse de moral, des nausées, vomissements, vertiges et maux de tête doivent inciter à consulter un médecin, qui déterminera si un changement de traitement est nécessaire, insiste le docteur Masson. Dans la plupart des cas, aucun ajustement ne sera nécessaire, car ce sont surtout les personnes ayant des comorbidités ou prenant plusieurs médicaments qui sont à risque. » Pour le lithium, un test en laboratoire peut même être réalisé pour vérifier qu’il n’y a pas de surdosage.

Afin de minimiser ces risques, il est recommandé de ralentir le rythme, de rester au frais si possible, de s’hydrater sans attendre la sensation de soif et d’éviter l’exposition au soleil ou de prendre des mesures de protection. Ces recommandations peuvent être difficiles à suivre pour les personnes vivant avec un trouble psychique, souvent en situation de précarité.